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Si l’on en croit Les Echos (édition du 17/09/09) à propos de la reconversion du site Arkema : First Solar abandonne son projet. Déjà confronté à un nouveau plan social d'Arkema, le site de Saint-Auban dans les Alpes-de-Haute-Provence, n'accueillera pas l'usine de panneaux solaires de l'américain First Solar, allié au français EDF EN.

L’idée de construire une usine de panneaux solaires avait été dévoilée cet été. Cette annonce consolait un peu après la liquidation de la société Silicium de Provence (Silpro) où EDF EN était également engagé. Les Alpes-de-Haute-Provence sont-elles maudites pour développer une filière industrielle du photovoltaïque ? Quelle reconversion industrielle pour ce territoire meurtri par les plans sociaux ? La fameuse « croissance verte » n’est-elle qu’une incantation ? EDF EN joue-t-il les effets d’annonce pour « prendre » des marchés dans l’aval, avec la construction de centrales solaires aux panneaux importés ?


Historique des enjeux locaux : « En 2005, l'usine Arkema - la plus grosse du département - supprimait 355 emplois sur 713, entraînant la perte de 288 autres chez les sous-traitants. L'espoir est ensuite venu du projet Silpro, qui prévoyait plusieurs centaines de millions d'euros d'investissements et l'embauche de 250, voire de 500 personnes pour produire du silicium polycristallin entrant dans la fabrication de panneaux solaires. Un projet salué en 2007 comme « devant structurer une filière amont et aval » par François Loos, alors ministre de l'Industrie. Mais Silpro a été liquidé en juillet dernier. C'est alors que Jean-Louis Borloo a demandé à First Solar et à EDF EN de privilégier l'étude de ce site pour implanter leur usine de panneaux solaires, avec 90 millions d'investissements à la clef et 300 emplois. Espoir déçu donc, au moment même où Arkema annonce un nouveau plan social supprimant 88 emplois et le redéploiement de 97 postes au sein du groupe. » Un drame social pour un territoire sur les contreforts des Alpes, et un coup dure pour la filière solaire française


Allons-nous réussir à construire une industrie solaire nationale pour participer à la croissance verte ? Si le marché du photovoltaïque se développe bien en France grâce au tarif d’achat, nous n’avons quasiment pas d’industrie photovoltaïque. En France, l’essentiel de la création d’emplois solaires se fait en aval (assemblage, distribution, conception, réalisation, maintenance, commercialisation, …). Et dans un contexte de surcapacité de production de modules photovoltaïques au niveau mondial, il y a peu de chance que des projets d’industrie solaire fleurissent dans l’hexagone d’ici 2012. Si d’ici là nous arrivons à développer une industrie d’éléments solaires pour la construction (tuiles, ardoises, murs rideaux, … solaires), ce sera déjà appréciable. La stratégie nationale de développement du photovoltaïque intégré au bâti créée de l’emploi en aval par milliers, participe à la mutation énergétique du monde du bâtiment, mais n’aboutira pas à l’émergence d’une « pure » industrie solaire à court terme.

 

Concernant EDF EN, je me demande qu’elle est sa véritable stratégie. N’utilise-t-elle pas à grand renfort de communication, l’écran de fumée d’un projet industriel en France avec First Solar, pour remporter des projets de construction de centrales solaires relativement pauvre en emplois ? Ne se contente-elle pas de faire tourner la machine à cash subventionné, tout en communiquant sur un projet virtuel qui ne se fera peut être jamais ? Tandis que First Solar annonce des projets gigantesques en Chine (2 GW), peut-on vraiment croire que cette société va réaliser une petite usine (100 MW) en France ? First Solar a l’intention de favoriser l’expansion en Chine des chaines de production de panneaux photovoltaïques à couches minces, et EDF EN se résoudra - sans peine - à importer du « made in China »…

 

Tag(s) : #Environnement

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