
"Pour être soi, il faut se projeter vers ce qui est étranger, se prolonger dans et par lui.
Demeurer enclos dans son identité, c'est se perdre et cesser d'être.
On se connaît, on se construit par le contact, l'échange, le commerce avec l'autre.
Entre les rives du même et l'autre, l'homme est un pont."
Jean Pierre Vernant, La traversée des frontières
D’un côté, une Dominique Voynet et son secrétaire national Yann Wehrling, essaient de rassembler l’écologie sans étiquette, invitant Corinne Lepage (Cap 21, ex-UDF) et l'animateur Nicolas Hulot à l’Université d’été du parti écologique français. Cette décision a choqué l'aile gauche du parti, plus tourné vers l’autre concurrent écologiste en puissance : José Bové, nous y reviendrons.
L'exercice de convergence est délicat, malgré l’imminence et l’importance des thèmes écologiques qui imprègnent la société française (réchauffement climatique, OGM, eau, déchet, énergie, …). On se dispute encore sur fond d’élection 2007, dans un douloureux clivage droite-gauche. Ici (l’hexagone), le degré de pragmatisme est un critère qui fâche, alors qu’il devrait être la colonne vertébrale de l’engagement écologique de tous… Comment ne pas tirer un triste et lucide constat de la percée des Verts en France : le candidat n'est crédité que de 2 % d'intentions de votes pour la Présidentielle 2007. Et pourtant, au combien l’écologie devra compter de plus en plus dans les choix politiques …
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Contrairement à ce que pensent certains Verts français, la question est justement le rassemblement de la famille écologique, et non pas l'orientation politique de ce rassemblement. Je souscrits à l’analyse de Yann Wehrling : "L'écologie politique n'est pas seulement portée par les Verts. Il existe d'autres courants et personnalités qui pourraient nous aider à remettre certains sujets écolos au centre du débat pour 2007", explique-t-il dans une interview au Monde.
De son côté, José Bové explique au Monde avoir une semblable ambition d'union, mais autour d'une dynamique antilibérale. Il critique les Verts de faire de l'écologie "un sous-produit du social-libéralisme" et entend "créer un autre rapport de force entre les deux gauches".
Laissons José Bové et les Verts français pour traverser l’Atlantique, direction les Etats-Unis. Là-bas, le combat écologique (et surtout contre l’effet de serre) a été repris par Al Gore, avec un film sorti avant l’été (« an inconvenient truth », traduit par « une vérité qui dérange »). Ce documentaire, qui doit sortir en France le 11 Octobre prochain, met en scène l’ancien candidat à la présidence des Etats-Unis pour les Démocrates, dans une véritable croisade contre le changement climatique. Le candidat malheureux, s’est mué en apôtre de la sobriété énergétique, démontrant que cette thématique transcende tous les partis. Il n’est plus question d’orientations démocrates ou républicaines, quand il est question de la survie et de l’adaptation de l’espèce humaine, face aux défis du changement climatique…
Pour voir la bande annonce du film en anglais : cliquez ici
Le discours écologiste, parce qu'il ne rentre pas dans les cases du champ politique classique, est difficilement audible en France.
Et si pour une fois, les candidats de la présidentielle franchouillarde s’inspiraient d’outre atlantique. Il ne s’agit pas de faire de chaque français un militant écologique (tendance pastèque sans le rose), ayatollahs de l’environnement qui se comptent sur les doigts de quelques mains, mais que tous ensemble (individuellement et collectivement), fassions l’effort de consommer moins et mieux.
Pour plus d’information sur l’action d’Al Gore contre le changement climatique : http://www.climatecrisis.net
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