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Fuir le bruit des grands du monde, ceux qui vocifèrent, ceux qui scénarisent les foules pour mieux vendre leur guerre. Ecouter par exemple Newsha Tavakolian, 25 ans, photojournaliste iranienne. Sur pellicule, elle immortalise l'autre visage du Moyen-Orient, celui des femmes surtout. Newsha Tavakolian a parcouru la Syrie, l'Arabie Saoudite, le Pakistan, le Liban, l'Irak occupé et l'Iran. Elle a travaillé entre autres pour le New York Times, le Stern, Newsweek, le Figaro et Time Magazine. Une femme « passerelle », jeune, ouverte au monde, intelligente et belle, engagée pour la liberté, une lutte de tous les jours … Elle a participé cet été aux 10ème Rencontres internationales de photojournalisme de Gijón (Espagne).

 

Newsha Tavakolia a le souci de rendre justice à la réalité, nécessairement complexe des apparences, de tordre le cou à la manipulation. Elle témoigne sur ce qu'ignorent la majorité des médias occidentaux : « deux cents personnes manifestent quotidiennement en Iran contre l'ingérence américaine. Toujours les mêmes, recrutées et payées par le gouvernement. N'allez surtout pas croire que les gens normaux passent leur temps à brûler des drapeaux américains en signe de protestation. C'est hélas ce qu'on cherche à vous faire croire et c'est pour cela que la tension monte. »

 

Il faudrait toujours ce souvenir de ce qu'on cherche à nous faire croire, quand on regarde la télé. C’est peut être pour ça que je l’ai mise au rebut, rebuté de la soupe informationnelle et anxiogène, parfois distrayante. Passons, revenons à ce que nous dit Newsha Tavakolian.

 

« Cela faisait quatre décennies que l'Iran n'avait connu aucun changement. Pourtant, en dépit du chemin qu'il nous reste à parcourir, la situation s'est nettement améliorée ces dix dernières années, notamment celle des femmes. Mais le gouvernement n'y est pour rien et c'est à nous seules que nous devons ces progrès. Nous n'avons jamais abandonné et avons continué de nous battre jour après jour pour notre liberté. Les universités et les rédactions de journaux comptent aujourd'hui une majorité de femmes. Il y en a même qui conduisent des taxis ».

 

Téhéran, ce n’est donc pas un ramassis de barbus fanatiques va- t-en guerre, dociles suiveurs du Président Mahmoud Ahmedinejad et de l’ayatollah Mohammed Emami Kashani. Poursuivre le dialogue, même si Ahmedinejad est un fou, antisémite et provocateur, le peuple iranien n’est pas d’un bloc personnifié dans celui-ci.

 

C’est dimanche, il est tôt, le ciel est encore à peine bleu, et pour une fois, il y a une bonne nouvelle sur le fil d’actu de Google. Javier Solana, porte-parole de la diplomatie européenne, et le négociateur iranien Ali Larijani, ont qualifié de « constructives » leurs discussions, et poursuivent le dialogue aujourd’hui à Vienne, pour tenter de sortir de l'impasse dans le dossier du nucléaire iranien.

                                                                                                                                   Photo de Lefteris Pikaratis / AP

Si c’est peut être une future bonne nouvelle pour la sécurité du monde (attendons la fin des discussions et la réalité des faits face à la parole donnée), on peut déjà saluer la persévérance diplomatique européenne. En 1er lieu la souligner. En dépit du traité constitutionnel, l’Europe unie, transcendée des clivages nationaux, arrive à être un partenaire crédible sur la scène internationale. L’Europe a dans son code génétique l’utopie de la paix. Elle est là pour empêcher l'escalade, être un partenaire de dialogue pacificateur, plutôt que de vouloir inculquer par la violence sa vision des choses, façon USA versus Bush… Cela se révèle en ce moment avec l’Iran, mais aussi avec le Liban.

 

Je laisse la conclusion à Newsha Tavakolian, qui regarde résolument vers l’avenir et espère que l’Europe sera à la hauteur des espérances que placent en elle, tout comme beaucoup d’Iraniens « les miens ont un profond respect pour le Vieux Continent. Elle est pour eux une alternative au modèle américain, une amie occidentale avec laquelle le dialogue est possible ».

 

A nous de savoir être européen pour faire face aux enjeux du monde …

Tag(s) : #heloim.sinclair

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