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Il y avait dans le Monde d’aujourd’hui un excellent cahier sur la francophonie, quatre pages avant la clôture de l’année officielle des Francofffonies ! (9 octobre), avec trois « f » et un pluriel pour la pluralité, un point d’exclamation pour sortir de la grisaille.

 

Car si les français arrêtaient de se regarder le nombril hexagonal, d’avoir peur de la mondialisation et des immigrés, de regretter nostalgiques la grandeur passée, ils découvriraient que le français (l’usage du français) recouvre une géographie de subtilité et d’inventivité. Monique Veaute, commissaire générale de l’évènement nous dit « qu’il y a dans les pays d’Afrique ou d’Asie une énergie que l’on imagine mal, parce que nous sommes déprimés…il y dans les formes artistiques du Nord, d’avantage de repli, d’identité fermée, d’images closes ».

 

La francophonie, c’est un voyage dans l’histoire, un concept inventé par Léopold Senghor, chef d’Etat et poète sénégalais, du temps et contre l’avis de De Gaulle. Un voyage qui renvoie à la colonisation, bien entendu. Il est sans doute temps que la France fasse son analyse sur cette période, sans polémique malvenue (cf. l’attaque récente de deux associations contre la définition du mot colonisation par le Robert) ni provocation clientéliste (cf. l’article de loi finalement remanié). Qu’elle assume son passé (Indigènes nous y aide) et cesse d’entretenir la suspicion et la restriction de visas, le délit de facies...

 

Et dans cet exercice d’analyse, si l’on en profitait pour réinventer la francophonie en France. Faire tomber les préjugés. Les idées véhiculées en français se portent très bien hors et loin de Paris et de l’hexagone. Le noir, l’arabe, le métèque, … ce n’est pas qu’un délinquant potentiel, un futur réacheminé hors des frontières ou un immigré choisi, une peur distillée par amalgames et clichés, … c’est aussi un écrivain, un plasticien, un musicien, un journaliste, un potentiel d’échange et d’enrichissement. Et puis, il y a suffisant d’hommes et de femmes francophones, français ou pas, passés comme contemporains, pour offrir des modèles de diversité et de réussite à tous nos mômes des cités. D’autres modèles que Zidane et consorts, pour ici et maintenant affirmer la diversité d'être et de parler.

 

La francophonie, ce n’est plus la carte d’influence de la France, c’est une réalité qui créée, en Afrique de l’ouest, du nord, aux Antilles, en Haïti, aux Seychelles, à l'Ile Maurice, à la Réunion, à Madagascar, au Vietnam, au Cambodge, en Nouvelle-Calédonie, en Suisse, en Belgique, en Louisiane, au Québec, …C’est une autre mondialisation possible, avec la lusophonie et l’hispanophonie, un cocktail en forme d’alternative et de complément à la mondialisation anglo-saxonne.

Tag(s) : #heloim.sinclair

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