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Nicolas S. est un démagogue provocateur, qui reste fier de son dérapage sur la justice « qui démissionne » parce qu’une majorité de français pensent comme lui, regardons les faits.

 

Dans son édition du week-end, Le Monde publie fort à propos, une partie du rapport de l'Inspection Générale des Services Judiciaires sur le tribunal de Bobigny, celui-la même qu’a visé Nicolas S.

 

On s’éloigne de la réalité tronquée des statistiques, du discours démagogique pour s’approcher d’une image très précise de l’action publique judiciaire, dans la lumière crue du manque de moyens et de la surcharge d’affaires à traiter. Ce Tribunal est loin d'être laxiste, les magistrats du ministère publique traitent toutes les affaires, en dépit de ses difficultés, la justice est loin de démissionner, au contraire : les magistrats y affichent une productivité répressive extraordinaire.

 

Simplement, un tribunal de banlieue, c’est un peu comme l’école, un territoire longtemps relégué des priorités budgétaires et des ors de la République. Il est « composé de magistrats de peu d'expérience dont la qualité et la motivation ne sont pas en cause, souffre d'un sous-effectif chronique, de la rotation rapide de ses membres et d'un encadrement insuffisant ». Les magistrats y traitent deux fois plus de dossiers que leurs collègues parisiens.

 

La vérité, c’est que malgré « une charge de travail trop importante, une réponse pénale est apportée à chaque acte de délinquance ». Voilà donc le candidat Nicolas S. pris en flagrant délit de populisme et de mensonge, déformant la réalité statistique pour masqué l’échec relatif de sa politique répressive.

 

Une question me démange toutefois, à propos de Nicolas S., Ministre d’Etat et candidat présidentiel de son état. Oui, car je me rappelle un peu, beaucoup, de mes cours d’éducation civique, de l’axiome démocratique : la séparation des pouvoirs. Nicolas S arrivé au 55 Fbd Saint Honoré, que ferait il de ses pouvoirs à la tête de l’exécutif ? Voudra-t-il réaliser une « rupture  constitutionnelle » pour modifier la séparation essentielle et consubstantielle de notre République ?

 

Etre un Chef d’Etat, ce n’est pas gouverner avec les sondages, même si 77 % des Français considèrent que « la justice n’est pas assez sévère avec les jeunes délinquants » (sondage Ifop publié par le Figaro). Le Président est le gardien de la Constitution. Les propos du futur candidat de l’UMP, s’ils « renforcent sa crédibilité » (dixit le Figaro, entendu pour crédibilité électorale), ils le décrédibilisent pour une fonction de Président.

 

Tag(s) : #heloim.sinclair

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