
"Pour être soi, il faut se projeter vers ce qui est étranger, se prolonger dans et par lui.
Demeurer enclos dans son identité, c'est se perdre et cesser d'être.
On se connaît, on se construit par le contact, l'échange, le commerce avec l'autre.
Entre les rives du même et l'autre, l'homme est un pont."
Jean Pierre Vernant, La traversée des frontières
En liminaire, précisons que ce secteur est une forme « accomplie » du libéralisme économique et du moins disant social. A titre d’exemple, le personnel navigant basé physiquement en France (qui y habite quand il ne vole pas, où leurs enfants vont à l’école, …) est souvent administrativement basé en Irlande ou ailleurs. Résultat : ça modifie « sensiblement » les cotisations aux caisses sociales et de retraite de bon nombre de navigants hexagonaux, qui ne cotisent pas en France. Les députés planchent pour remédier à l’évasion de ces cotisations…
Mais revenons à fil de l’article, la nouvelle aérogare Marseille Provence 2 dédiée aux compagnies low-cost, et les largesses financières du CG 13 vis-à-vis du secteur de l’aviation low-cost.
Que penserait un jury populaire du cas Jean-Noël Guérini, Sénateur et Président du Conseil Général 13, socialiste bon teint rose par ailleurs ?
En effet, le CG 13 a financé à hauteur de 7,6 M€ la nouvelle aérogare MP2 (sur un total de 16,4 M€, partagé avec la CCI départementale). L’argument du développement économique et touristique pourrait faire mouche : MP2 = + de touristes et + de voyages d’affaire. Je l’accepte
Mais pourquoi, emporté dans un élan de générosité et de solidarité avec les patrons du moins disant social aérien, apporter dans la corbeille une subvention annuelle équivalent à plus de 16 M€ ? Je m’explique. MP2 bénéficie d’une énorme ristourne sur la redevance par passager. Au lieu des 6 € qui sont chargés pour tout voyageur de l’historique aéroport de Marignane, le passager qui voyage en low cost depuis MP2 paye seulement 1,3 €. Soit un manque a gagner (déficit de recette publique) de 4,7 € par passager, et comme l’objectif est d’atteindre en année pleine 3,5 millions de voyageurs, le cadeau est énorme.
Donc, le Conseil général des Bouches-du-Rhône fait un cadeau de plus de 16 M€ par an au secteur du moins disant social aérien. Déjà que l’aérien est en rouge pour le moins disant environnemental, le développement durable doit être un concept inconnu au paquebot bleu de l’Hôtel du Département…
Aucun commentaire pour cet article
Commentaires