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Pour 66% des Français, Nicolas Hulot serait le candidat à la présidentielle qui représenterait le mieux la défense de l'environnement, selon un sondage Ifop publié dans le "Journal du Dimanche". La candidate des Verts Dominique Voynet arrive loin derrière: elle serait la meilleure représentante écologiste pour 14% des personnes interrogées, devant José Bové (11%) et Corinne Lepage (6%).


57% des personnes sondées ne souhaitent pas que Nicolas Hulot se présente à la présidentielle, quand 43% le souhaitent.

 

(AP | 04.11.06 | 18:01)

 
 

Si l’on part de ce sondage, pour analyser l’écologie politique française, on constatera que la stratégie des Verts français est loin d’être lisible pour leurs concitoyens. Lutte intestine permanente, syndrome du nombril, gauchistes plus que réformistes (au contraire des Verts allemands), le bilan du parti est maigre, alors que jamais les français n’ont été aussi demandeurs d’une meilleure prise en compte de l’environnement dans la politique.

 

 

Nicolas Hulot, ne sera sans doute pas candidat en 2007, il n’a pas l’ambition présidentielle rivée à la peau. Non, son truc à lui c’est l’influence, des politiques et de l’opinion. Il présentera mardi son "Pacte écologique", destiné à placer les enjeux environnementaux au coeur des programmes électoraux. Un pacte en forme de plateforme, une feuille de route trans-partis valable pour les 10, 15 prochaines années. Au-delà des alternances, des batailles politiciennes, un pacte pour l’action individuelle et collective, un cadre pour la transition écologique.

 

Alors, pourquoi  Nicolas Hulot est il mieux entendu des français, que tous les Voinet, Bové et consorts ? Par ce que c’est un homme de média qui est entré dans le paysage politique par la petite lucarne, avec conviction et charisme ? Peut-être, mais ce n’est pas suffisant pour justifier la vague de confiance. Par ce qu’il a la tête du gendre idéal, riche, humble, intelligent ? Hum, dubitatif ;-)

 

Alors, c’est sans doute par ce qu’il a un discours différent des habituels écologistes. Il ne culpabilise pas, mais propose des choix, une perspective de progrès. Il sait que la tâche n’est pas facile, pour une société qui ploie déjà sous les difficultés en tous genres. La précarité, le libéralisme, … la vie est dure pour tous, et la difficulté « supplémentaire » de la lutte contre l’effet de serre apparaît « sur-angoissante ». Etre le messager de la catastrophe, d’un futur incertain, est un rude métier, il faut du professionnalisme. Mais la catastrophe ne viendra pas de la lucidité. Au contraire, elle viendra de notre feinte ignorance face à la réalité scientifique, et de notre obstination à persévérer dans un modèle inadapté.

 

Alors, oui la tâche du changement climatique est difficile et l’échelle quasiment incommensurable. Et, oui, c’est un chemin incontournable. Ce constat est aujourd’hui partagé collectivement. Mais la mutation écologique s’opèrera de gré ou de force. A nous de l’organiser plutôt que de la subir et de laisser le temps de la catastrophe nous dicter le changement. 

 

Le 1er devoir du messager : expliquer que la mutation écologique n’est pas une régression, un monde du pire. Au contraire, la mutation écologique est la seule alternative au monde du pire, une opportunité pour matérialiser notre véritable humanité. Nous avons tout à gagner à la mettre en œuvre, rapidement, car c’est la seule capable de redonner du sens au progrès.

 

Les changements ne seront pas mineurs, même s’ils seront progressifs, ils seront lourds. Vivrons nous moins bien ? Non. Sans doute pas si nous savons collectivement et individuellement, jouer notre note sur la mélodie écologique. Le temps est opportun pour faire preuve de lucidité et de courage, la tragédie n’est pas inéluctable.

 

Tag(s) : #heloim.sinclair

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