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Ainsi, le seuil de richesse serait de 4000 € par mois. Pourquoi pas. Ceux qui s’en rapprochent frémissent de peur d’un redressement fiscal. Ceux qui sont au Smic matérialisent ce que quatre fois et un peu plus de revenu permettrait. Ceux qui sont entre les deux savent que les fins de mois sont difficiles, et ceux qui sont largement au dessus rigolent ou s’exilent en Suisse et ailleurs …

 

On le voit, agiter le chiffon rouge de la fiscalité, s’écharper sur des seuils, ne fait pas avancer le débat utile. Sans doute que l’on est aisé (pas riche, notez bien ;-) avec quatre mille euros par mois, mais le vrai débat n’est pas à partir de combien de revenu paye-t-on combien d’impôts, mais pourquoi faire les paye-t-on !!!

 

Je suis franchement pour l’impôt, même si payer mon tiers est toujours douloureux, la morale et l’éthique sociale me commandent de reconnaître mon dû renouvelé. D’être aller à l’école publique et gratuite, d’avoir et de bénéficier d’infrastructures culturelles, sanitaires, de transport, de sécurité, … justifie ma contribution financière pour développer la société. Cela veut dire répartir équitablement l’effort pour fabriquer du mieux vivre ensemble.

 

Faire de la politique, c’est arbitrer l’effort demandé à chacun mais aussi et surtout, répartir le fruit de l’effort pour donner du sens à la société. Le chiffon rouge de la fiscalité est vain, si l’on n’est pas capable de réformer pour rendre la dépense publique plus efficace et plus juste, adaptée aux défis du 21ème siècle.

 

La prochaine mandature devrait être la fenêtre de l’audace. C’est une fenêtre d’opportunité qui s’ouvre pour oser la lucidité, pour retirer les logiciels du dogmatisme qui contrôlent le système en le reprogrammant avec du diagnostic partagé. Pour muer de la régression du statu quo, vers un projet de société qui s’inscrive dans le développement durable.

 

Faire de la politique, c’est dessiner un chemin entre désir et volonté, sur le marbre de l’intérêt général et des libertés individuelles. Le chemin doit avoir un sens, des valeurs d’entraînement, qui permettent de dépasser l’équation des contraintes.

 

C’est important le sens, le chemin, le dépassement de soi … Pour l’illustrer, j’emprunte une fable racontée par Boris Cyrulnik.

 

Un pèlerin se rendant à Chartes voit sur le bord de la route un homme en train de casser des cailloux. Celui-ci grimace, respire le malheur. Alors, le pèlerin s’arrête et l’interroge : « monsieur, qu’est-ce que vous faîtes ? ». L’homme, malheureux lui répond : « j’ai trouvé ce métier stupide et mal payé. Et j’ai mal au dos ». Le pèlerin continue son chemin, et voit un deuxième homme un peu plus loin, torse nu en train de casser des cailloux. Il lui pose la même question. « Monsieur, qu’est-ce que vous faîtes ? ». « Eh bien moi, je gagne ma vie comme ça, au moins c’est en plein air », lui répond l’homme. Plus loin, le pèlerin voit un troisième homme occupé au même travail. Ce dernier respire le bonheur. « Monsieur, qu’est-ce que vous faîtes ? ». Et l’homme lui répond : « moi, je bâtis une cathédrale ! ».


Cette fable montre que celui qui a une cathédrale dans la tête métamorphose la manière dont il éprouve le réel.

 

Le temps de cathédrale est éteint en Europe. Celui des idéologies a fait long feu depuis qu’un des adversaires s’est écroulé avec son mûr, tandis que l’autre se délite dans la virtualisation de la finance.

 

La désagrégation des « cathédrales », combinée à la fin des idéologies, pose un problème crucial à la politique, auquel il est urgent de répondre. Quel chemin pour aller vers où ?

 

Notre société de la connaissance a pourtant le potentiel de créer des représentations d’un idéal accessible qui lui donne sens. Ce ne sont pas les défis qui manquent dans un agenda humaniste, il y a tant de cathédrales laïques et modernes à construire…

 

 

 

Tag(s) : #heloim.sinclair

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