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«Tout converge pour montrer la part essentielle de l’homme dans le réchauffement du climat», «les preuves sont réunies sans ambiguïté», … telles sont les conclusions du GIEC, le jugement scientifique international est sans appel ! La terre se réchauffe et l’homme est responsable.

 

Il est dans son rôle, Jacques Chirac d’appeler à la triple « révolution » : des consciences, des économies et de la politique. Examinons la faisabilité de cette révolution3.

 

Sur la prise de conscience qui est partielle, inégale d’un continent à l’autre, d’une classe sociale à une autre, … elle progresse rapidement. En dépit du lobbying des pollueurs, les faits climatiques et les avancées scientifiques finiront par convaincre. Il y aura besoin d’autres  "An Inconvenient Truth", d’autres couvertures de magazines et d’articles, de reportages, … mais la prise de conscience climatique, telle une évidence, va finir de contaminer les habitants de la terre.  Espérons qu'elle touche en 1er les décideurs. ;-)

 

Attardons nous sur les deux autres révolutions nécessaires : politique d’un part, et économique de l’autre.

 

Pour la politique, au niveau international, déjà 46 pays appellent à créer une ONU de l’Environnement. « L’humanité est en train de détruire, à vitesse effrayante, les ressources et les équilibres qui ont permis son développement et déterminent son avenir », c’est ainsi qu’avec l’Appel de Paris, le 3 février 2007, un phare s’est allumé dans une mondialisation en mal de terre. D’accord, les USA, la Chine et l’Inde ne sont pas signataires de cet appel. Néanmoins, les membres de l’Union Européenne, des pays d’Amérique latine et d’Afrique ont paraphé. Déclinons entre ces signataires le concept diplomatique de « core group » pour l’environnement, pour former une coalition de coopération renforcée . L’action et les engagements de ces 46 pays liés par l’Appel de Paris peut constituer un « noyau dur » aux avants postes de la lutte environnementale. Encore faudra-t-il que l’action politique ne se nourrisse pas seulement de mots. Il faudra dépasser la posture, avoir du courage pour décider et agir, pour être légitime au sein de ce « core group environnemental ». De la vigueur des politiques menées dépend l’ambition de l’après Kyoto (2012). La nécessité nous commande d’être ambitieux.

 

Pour la politique au niveau national, la création d’un poste de vice 1er Ministre en charge du développement durable (ou de l’environnement) semble faire l’unanimité chez les prétendants du 55e Faubourg Saint Honoré. Bien. Mais il ne va pas falloir s’arrêter là, ce serait une solution de courte vue très parisianiste et bien naïve. C’est au sein de chaque institution politique et locale que le logiciel du développement durable doit être programmé. Un vice 1er Ministre ne pourra faire guère plus qu’un Ministre de l’Environnement, si l’action publique n’est pas reprogrammée au niveau des communes, des villes, des communautés d’agglomération, des départements et des régions. Il faudra donc des 1ers adjoints et des 1ères délégations au développement durable à tous les échelons territoriaux, avec des personnes compétentes qui mettront en œuvre cette révolution politique nécessaire. Les Préfets aussi vont devoir faire leur révolution culturelle écologique. Bref, on le voit, pour cette révolution politique, l’alibi du vice 1er Ministre en charge du développement durable sera largement insuffisant, si on ne change pas le logiciel des pratiques locales ? Qui en a conscience chez les éléphants de l’UMP et du PS ?

 

Pour la révolution économique, je suis relativement confiant si nous avons par ailleurs le courage politique (cf core group environnemental). Pas parce que le sujet était à l’ordre du jour des rencontres de Davos, mais parce que les entreprises ont la nécessité d’être réactives et de s’adapter. Qui plus est, l’idée de « taxe Kyoto » ou « taxe carbone » fait son chemin. Bien entendu, les ultras libéraux diront que c’est impossible, contraire aux règles de l’OMC, illégal et difficile à mettre en œuvre, … Mais, quand il y a une volonté, il y a un chemin. Ainsi, Daniel Esty, professeur à l’université de Yale, argumente la faisabilité d’une telle mesure en s’appuyant sur l’accord du GATT, pierre angulaire de l’OMC, qui autorise les états à prendre des mesures « nécessaires à la protection de la santé et de la vie des personnes et des animaux ou à la préservation des végétaux ». Avec les conclusions du GIEC, protéger le climat entre dans ce champ d’application du droit commercial international.

C’est ainsi que le Prix Nobel d’économie 2001, Joseph E. Stiglitz, argumente contre les USA qui refusent de s’engager dans Kyoto (il est américain lui-même). « En étant dispensées de payer les dégâts qu’elles infligent à l’environnement, les entreprises américaines reçoivent en fait une subvention. Or, l’un des principaux objectifs de l‘OMC consiste à égaliser les conditions du commerce ; les subventions introduisent des distorsions, c’est pourquoi les pays sont autorisés à y réagir par des droits compensateurs ».

Je ne suis pas spécialiste de la fiscalité et du droit international, mais remarquons qu’il y a des mesures possibles qui demandent à être mises en place pour progressivement décarboner l’économie mondiale.

 

 

La triple « révolution » est possible, soyons audacieux et réformistes

 

 

Tag(s) : #heloim.sinclair

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