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La Commission Européenne propose au Conseil de l’Europe (réuni les 8 et 9 mars) de fixer une politique énergétique européenne et de lutte contre l’effet de serre, avec un nouvel objectif contraignant de 20 % d’énergies renouvelables pour la consommation énergétique de l’Union d’ici 2020.

 

Si la Commission propose un objectif de 20 % d’e-renouvelables 2020 « contraignant », c’est qu’elle sait d’expérience que les objectifs indicatifs ne fonctionnent pas. Ainsi, la France qui devait au titre de la Directive électricité renouvelable, produire 21 % de sa consommation à partir d’énergie renouvelable en 2010, en est à 12,5 % en 2006 (avec une part en régression relative, compte tenu de la progression de la consommation). Autant dire qu’à l’échéance, la France sera très en deçà du niveau indicatif !

 

S’il y a un accord sur les grandes lignes d'une stratégie de lutte contre le réchauffement climatique, les états membres sont d’accord pour objectif de réduire de 20% au moins en 2020 par rapport à son niveau de 1990 la production de gaz à effet de serre, le moyen (une politique européenne énergétique) divise l’Europe. Et je ne suis pas fier que le principal facteur de division soit français.

 

Car France, non seulement ne veut pas entendre parler d’objectifs contraignants (cf dernier Conseil de février), mais elle a annoncé qu’elle bloquerait les négociations finales des 8 et 9 mars, si le nucléaire n'intégrait pas cet objectif d'énergies requalifiées de « faiblement émettrices de carbone », pour ajouter un peu de complexité à la négociation. La France, alliée pour la circonstance aux pays de l'Est pousse un contre-feu nucléaire pour ne pas développer fortement le secteur des énergies renouvelables (la culture atomique, ça marque une technostructure étatique !!!). "Nous ne sommes pas favorables à un objectif contraignant qui ne concernerait que les énergies renouvelables", a souligné la ministre française aux Affaires européennes, Catherine Colonna.

 

Une position qui tient de la provocation, quand on sait la détermination de la présidence allemande de l'Union européenne à fixer un objectif contraignant de 20% d'énergies renouvelables - solaire, éolien ou biomasse - à atteindre d'ici 2020. Et que de nombreux pays ne peuvent accepter que l'on cite le nucléaire dans la catégorie des énergies "propres".  La chancelière Angela Merkel s'est personnellement impliquée dans la négociation et entend obtenir gain de cause. Elle a d'ailleurs arraché la semaine dernière l'appui des Britanniques, qui ont changé d'avis au nom de la crédibilité de la lutte contre le réchauffement, et plusieurs pays, dont la Suède, le Danemark et l'Italie, ont suivi. "L'Europe doit devenir plus verte et de manière crédible", a ainsi estimé la ministre autrichienne des Affaires étrangères, Ursula Plassnik…

 

Bref, la France divise une fois de plus l’Europe. Et quoi qu’en pensent les français (ultra favorable aux e-renouvelables), le gouvernement fait en catimini à Bruxelles, le contraire des programmes électoraux de NS, SR ou FB. C’est pas grave, c’est avant mai !

 

Heureusement que nous avons un allié inattendu, Jacques Chirac him self, converti de fraîche date à la cause écologique. Quoi qu’en pensent nos diplomates et l’escadron de hauts fonctionnaires atomistes, J. Chirac s’est prononcé hier lundi 6 mars, en faveur de la position de Merkel. Autant dire que le Président prend à contre-pied le gouvernement et l’administration.  

 

Le gouvernement français va-t-il traduire au Conseil de l’Europe cette récente position chiraquienne ? Pour mettre un peu moins d’arrogance nucléaire qui divise, pour beaucoup plus d’efficacité énergétique et d’énergies renouvelables (qui font consensus) dans le mix énergétique européen ?

 

 

Comme un compromis, qui tiendra compte de la position de la France et des pays de l'Est devra toutefois être trouvé, regardons comment tout cela va fonctionner. Pour mettre en œuvre cet objectif (contraignant ou non), voici les scénarii en cours à Bruxelles :

-          Scénario 1 (le plus probable)

o        Elaboration d’une nouvelle Directive reprenant énergies renouvelables électriques et thermiques dans le même texte, plus une Directive spécifique sur les biocarburants

ou

o        Elaboration d’une Directive globale, pour les énergies renouvelables électriques et thermiques plus les biocarburants

-          Scénario 2

o        Mise à jour de la Directive sur les énergies renouvelables électriques

et

o        Elaboration de deux nouvelles Directives, les énergies renouvelables thermiques et les biocarburants

 

Tag(s) : #heloim.sinclair

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