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Ministère de l’immigration et de l’identité nationale, rafles policières aux sans papiers jusqu’à la porte des écoles, le drapeau tricolore et la Marseillaise comme nouveaux emblèmes d’une gauche hexagonale en conquête royaliste, … mais ils sont devenus fous nos candidats à la Présidence, pourquoi cette poussée de névrose nationaliste chauviniste alors que l’on fête ce week-end le 50ème anniversaire de l’union européenne ?

 

Avant de revenir au brûlant de l’actualité, ce chauvinisme en résonance médiatique, souligner que l’Europe ne s’incarne pas dans les meilleurs d’entre nous. Vouloir diriger le pays, c’est penser qu’on en est plus capable que les autres, alors il faudrait prendre un peu de hauteur et sortir des mensonges identitaires.

 

Qu’est-ce qu’être français ? Régis Debray et ces Aveuglantes Lumières nous offre une page de Dix-huitième siècle d’Emile Faguet, que je voudrais ici verser aux débats.

 

« Un homme plus spirituel qu’intelligent et beaucoup plus intelligent qu’artiste, c’est un français. Un homme de grand bon sens pratique, de grande promptitude de répartie, de jeu de plume brillant et vif ; et qui se contredit abominablement quand il se hausse de grandes questions, c’est un français. Un homme impatient des jougs légers et s’accommodant des plus lourds, c’est un français. Un homme qui se croit novateur et qui est conservateur de toute son âme : c’est un français. Voltaire est léger, incisif et batailleur, c’est un français. Il est à peu près incapable de métaphysique et de poésie, c’est un français. Il est gracieux et charmant en vers et en prose, et éloquent quelques fois : c’est un français. Il est radicalement incapable de comprendre l’idée de liberté, et ne sait qu’être opprimé avec malice, ou oppresseurs avec délices : c’est un français. Il est despotique dans l’âme et attend tout progrès de l’Etat, d’un sauveur intelligent : c’est un français. Il n’est pas très brave ; et ceci n’est plus français. »

 

Les femmes me pardonneront que Faguet ne cite ici que l’homme, mais ce billet est écrit en un temps où la parité n’existait pas ;-). Un temps où Paris était le New York d’aujourd’hui, un temps où l’Europe exploitait à son profit un commerce triangulaire, échangeant esclaves contre richesses du nouveau monde. Un temps où le français était la langue diplomatique quasiment universelle, et celle des cours qui régnaient sur le monde et l’europe. Un temps désuet pourrait on dire, un temps d’autre fois qui fleure bon la nostalgie.

 

Pour en revenir à l’actualité, le discours politique chauviniste qu’on entend aujourd’hui est teinté de la même nostalgie. Sauf qu’il est à côté de la plaque. La France est maintenant un pays moyen au milieu d’une mondialisation qui a passablement redistribué les cartes, et continuera de le faire. La France sans l’Europe n’est pas grand-chose. Elle a bien entendu, encore,  un remarquable pouvoir d’influence, mais les problèmes qu’elle doit affronter (environnement, énergie, savoirs et découvertes, évolutions sociales, relation avec les grands blocs géopolitiques, …) ne peuvent être résolus à l’échelle de la nation.

 

Le discours ambiant, c’est un rétrécissement du champ de vision (citoyen, civique, médiatique, …).  Un repliement sur les minima nationaux comme médicament électoral et méthode Couet politique !!! Le réveil et l’appel à la nation, sonnent bien mal à l’heure d’Erasmus, des Directives européennes, des enjeux d’une mondialisation où la France seule, est vouée à une perte certaine d’influence.

 

Mesdames, messieurs les candidats, un peu de hauteur de vue, s’il vous plaît ! Depuis le fauteuil du Faubourg Saint Honoré, le véritable enjeu/chemin pour la France  est européen.

 

Tag(s) : #Europe

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