
"Pour être soi, il faut se projeter vers ce qui est étranger, se prolonger dans et par lui.
Demeurer enclos dans son identité, c'est se perdre et cesser d'être.
On se connaît, on se construit par le contact, l'échange, le commerce avec l'autre.
Entre les rives du même et l'autre, l'homme est un pont."
Jean Pierre Vernant, La traversée des frontières
Voyage en solitaire, j’arrive à occuper ma liberté. Lire, écrire, comme une respiration entre deux ballades où je laisse mes pas me perdre. C’est petit Vérone, enfin, le centre ancien. Ici aussi, l’on marche sur les siècles. Des arènes romaines à la citadelle du moyen age, en passant par quelques assortiments avec l’art contemporain, Vérone offre toutes ses années sans complexe. Ville d’eau, ville d’art et de commerce, Vérone la moderne n’a pas à rougir de la culture qui irrigue ses veines. Nuit blanche la week-end prochain, concert dans les arènes en mai, juin, … Une ville riche de sa province fertile du Vénéto, une ville clé pour le plus aisé passage des Alpes depuis Venise.
Deux millénaires au moins, se concentrent sur quelques km². Pensez s’il y a une densité d’époques, qui se chevauchent, s’emmêlent, cherchant des réponses différentes au questionnement de la beauté dans l’architecture et l’urbanisme.
Voyager en Italie, c’est plus qu’ailleurs, être amené à considérer son rapport au temps. Se confronter à la continuité des siècles, à l’apogée, au rayonnement, et au déclin progressif d’une civilisation. Pax Romana, Pax Am
J’en suis là de ma solitude à Vérone. A contempler les siècles sans voir le temps passer. Week-end de plaisir presque détacher de la campagne électorale, qui bat son plein en France.
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