
"Pour être soi, il faut se projeter vers ce qui est étranger, se prolonger dans et par lui.
Demeurer enclos dans son identité, c'est se perdre et cesser d'être.
On se connaît, on se construit par le contact, l'échange, le commerce avec l'autre.
Entre les rives du même et l'autre, l'homme est un pont."
Jean Pierre Vernant, La traversée des frontières
Les dessins de Plantu sont une dose de rire en fin de journée. Au milieu des malheurs du monde, des conflits politiques et armés, des tracas et de la rationalité, un dessin pour mieux appréhender la complexité de la réalité, pour enrichir l’information, en sourire.
Comme le détaille un article du Monde daté du 28 avril, il y a cette histoire de mouche. C’est fou, la mouche est un animal des plus répandus sur la terre, un être indispensable au cycle de la nature, et en France, elle pourrait symboliser la liberté de penser (héritage de 68 ?). La 1ère mouche caricaturant le ministre candidat (un honneur jusqu’ici réservé à Le Pen), est apparue au milieu de hiver, un soir de décembre 2005, le 14 pour être exact. Le Dessin : à la Réunion, Jacques Chirac, déposait une gerbe à la mémoire des esclaves ; dans son dos, un élu UMP en short et casque colonial murmurait une traîtrise à l

Jusque là, cette histoire de la mouche n’en serait pas une. Sauf que le lendemain, Plantu raconte sa surprise de voir débarquer un motard en tenue, pour lui remettre une lettre à en-tête du ministère de l
Plantu, qui n’est pas du genre à mettre le doigt sur la couture du pantalon (ah, cet esprit 68 !!!), a le lendemain dessiné 3 mouches. Depuis, Nicolas Sarkozy a aggravé son cas en se plaignant auprès de la direction du journal d
Ce qui inquiète, c’est la conclusion que nous livre le dessinateur qui fait voler les mouches. Sa liberté, et notre plaisir de lecteur, c’est d’être soutenu par la rédaction et la direction du Monde, qui font parapluie envers les protestations, officieuses ou officielles, contre les pressions à la censure. Mais ailleurs, note-t-il, ce genre de méthode peut marcher. "Sarkozy impressionne tellement que, s
C’est à croire que notre panel médiatique français a été investi de pétochards, et que la liberté du dessinateur est à rapprocher de celle des journalistes. Y aurait-il un virus d’autocensure qui courre les rédactions parisiennes, s’étend il jusqu’à la PQR ? Il faut souvent allez vers des journaux étrangers pour lire des papiers lucides et sans concessions, sur notre théâtre politique.
On peut aussi lire le numéro spécial de Marianne sur Sarkosy, dont je m’étonne qu’il ait provoqué aussi peu d’échos chez ses confrères. Si la moitié de ce que raconte Marianne est vrai, on devrait en débattre dans les rédactions, enquêter, faire des rapprochements, prendre du recul par rapport à la mascarade égo-populiste. Il est encore temps jusqu’au 6 mai. Si c’est faux, je n’ai pas connaissance que Marianne ait été attaqué pour diffamation. Que fait le QG de la rue d’Enghien ?
Lire le dossier Le vrai Sarkosy au format pdf
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