
"Pour être soi, il faut se projeter vers ce qui est étranger, se prolonger dans et par lui.
Demeurer enclos dans son identité, c'est se perdre et cesser d'être.
On se connaît, on se construit par le contact, l'échange, le commerce avec l'autre.
Entre les rives du même et l'autre, l'homme est un pont."
Jean Pierre Vernant, La traversée des frontières
Vous avez sans doute remarqué, dans la série de chiffres et statistiques publiés pour la rentrée, un embellie du côté du chômage, avec une baisse significative dans le courant le l
Chacun y va de son explication. L’opposition criant à la manipulation, aux radiations abusives des Assedic, … Le gouvernement se félicitant de la reprise de confiance et de la portée effective des mesures prises (par le gouvernement précédent, soit dit en passant).
J’ai une autre explication, partielle, à avancer : le subventionnement massif de postes précaires. Cela s’appelle, dans le jargon technocrate de saison millésime 2005, le Contrat d’Accompagnement dans l’Emploi (CAE), pour des personnes confrontées à des difficultés particulières d’insertion sociale et professionnelle. Le libellé est suffisamment vague, pour que la cible soit large : jeunes de moins de 26, bénéficiaire du RMI ou de chantiers d’insertion, personnes sortant de prison, …
En bref, c’est une mesure à spectre large, qui permet officiellement à des employeurs publics (collectivités territoriales, organise en charge de service public) ou parapublics (associations à but non lucratif) de conclure des CDD de 6 à 24 moins (6 mois maximum, reconductibles 1 fois dans la dernière circulaire à l’Anpe), qui sont subventionnés à 95 % du Smic, avec une exonération presque totale de charges sociales et patronales.
Je suis schizophrène sur ce coup là, car en tant qu’employeur, j’accepte volontier de me faire subventionner ma nouvelle secrétaire à 95 % (charges et salaire, vous avez bien lu). Fraîchement sortie de l’école sans son BTS, cette petite va me coûter moins de 300 € pour 30 heures par semaines, une aubaine. A ce prix là, (coût pour l’employeur = 5 % du Smic) je pourrais embaucher un bataillon d’assistantes, une pour le café, une autre pour les photocopies, et une dernière pour mon service personnel ;-) … Ce serait bon pour les chiffres du chômage, au moins pour les 6 prochains mois, en attendant le renouvellement des contrats et une nouvelle mesure du même type dans 1 an.
Bref, malgré le discours qui se veut libéral, nous ne sommes pas encore sortis de l’assistanat et des mesures en trompe l’œil …
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