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On suit tous le feuilleton de la SNCM dans l’actualité. Où d’un détournement de navire à une grève qui n’en finit plus, la compagnie de service public maritime en désordre, est en train d’asphyxier l’économie de la Corse et celle du Port de Marseille. Quelques centaines de syndicalistes irréductibles entraînent leurs ouailles de la SNCM dans un bras de fer à la culture d’un autre temps. Et c’est l’économie locale (plusieurs milliers de familles) qui est menacée. Du reste, au statut quo du refus de se voir privatiser, la compagnie risque le dépôt de bilan pur et simple. Les matelots butés pourront alors aller pointer au chômage et ça coûtera une petite fortune au contribuable pour honorer dette et plan social ... merci la bataille syndicale et le dialogue social !!! Peut être verra t on sur la manchette de journaux économiques lundi : SNCM : Société Nationale Coulée en Méditerranée.


Par qui me direz vous ? Par un dogmatisme culturel de syndicats plus révolutionnaires que gestionnaires, et par le laisser faire politique qui dure depuis très longtemps, deal syndical et problème Corse oblige ! L’Etat a continuellement mis la main à la poche pour renflouer une compagnie mal gérée, au nom de la continuité territoriale. On peut toujours accuser Bruxelles d’empêcher un énième sauvetage de la SNCM. Mais cela ressemble bien plus à une décision de gestion « bon père de famille ». On ne peut remplir continuellement un panier percé…


Mais prenons un peu le large pour regarder la situation, l’heure n’est de répartir les fautes, mais de les comprendre.

Il est nécessaire pour analyser cet état de fait de se référer à l’histoire. La notion de compagnies de service publique, s’est construite dans l’après-guerre avec la constitution d’entreprises publiques pour répondre aux besoins abyssaux de la société française. L’offre n’avait souvent pas d’alternative, ou pour certains besoins spécifiques il était convenu que ce soit l’Etat qui les prennent en charge. EDF, SNCF, Renault, France Télécom, … l’Etat s’est donc doté d’outils publics pour répondre aux demandes de biens et de services des citoyens.

Depuis on a eut les 30 glorieuses, les 30 vaches maigres, pour en arriver à un environnement économique plus ou moins libéral, mais surtout à une abondance d’offres. Billancourt a fermé, et Renault n’a jamais vendu autant de voitures. France Télécom a arrêté de rançonner ses clients sur le fixe, pour jouer sur un terrain oligopolistique étrillé par l’innovation. Et EDF est un champion mondial des services énergétiques, preuve par ailleurs qu’un statut public favorise également une réussite éclatante de technologie et de savoir-faire.

 

Bref, on voit qu’il est question de l’importance de l’attention porter à la demande.  Qu’il faut savoir adapter son offre et son organisation, pour fidéliser un client toujours tenté de préférer la concurrence, … L’obligation de résultats, quel que soit le statut, public ou privé, c’est la qualité de l’offre qui répond à un besoin. Rappelez vous à quoi ressemblait les gares des années 80, l’amabilité légendaire du rare personnel de la Sncf à votre service, … Et puis, la compagnie a su réagir, et propose aujourd’hui un service qui concurrence l’avion, où le design de ces TER et trains Corail vous font les préférer à la voiture, quand les horaires le permettent…

Bref l’attention au client, l’adaptation en conséquence de son organisation, la prise en compte d’un environnement concurrentiel, … sont sans doute des éléments qui auront manqué à la SNCM. Et dans le climat de rupture qui flotte aujourd’hui sur la société française, la culture « papy boomer syndicale » spécifique à la SNCM n’aura rien arrangé. On peut toujours réclamé à corps et à cri la majorité publique de 51 % du capital, c’est une revendication absurde pour un faux problème. 51 %, et après ? Pour quel projet d’entreprise, avec quelles réformes pour ne plus perdre d’argent ?

On peut très bien, sur la base d’un cahier des charges de service public, organiser la desserte entre l’île et le continent, avec des compagnies privées, semi-publiques ou publiques. Le principal, c’est l’organisation des entreprises pour la viabilité économique de leur activité, le coût du cahier des charges intégré.

Tag(s) : #heloim.sinclair

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