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« A force de sacrifier l'essentiel pour l'urgent, on finit par oublier l'urgence de l'essentiel », est une citation d’Edgar Morin. A propos des négociations sur la lutte contre le changement climatique, qui se déroulent à Durban, cette phrase est d’une cruelle actualité.

L’urgent, veut on nous faire croire, ce sont les marchés, la chute des bourses mondiales, le risque de récession globale et/ou ciblée, durable. Le taux pour emprunter de la dette pour combler nos déficits - cavalerie budgétaire qui dure depuis des décennies, qui aurait atteint un point « de non-retour » en Europe selon ces mêmes marchés… Privatisation, austérité, dérégulation, la même recette libérale depuis les années 80 (qui devient poison social à forte dose) s’impose dans l’agenda politique… L’urgence serait d’avaler cette potion au plus vite, pour solvabiliser les pays débiteurs auprès des créanciers… C’est une partie du sens du discours de Toulon 2 de Sarkozy…

L’essentiel, c’est la planète terre, celle qui abrite la civilisation humaine depuis des centaines de milliers d’années, notre cadre de vie et de développement. Selon le GIEC, soit la communauté scientifique internationale, l’accélération de notre performance de prédation écologique en vient à modifier significativement le climat de la terre. +1, 2, 3°C ou plus d’ici 2050, l’humanité va sur des chemins dangereux maillés de catastrophes naturelles. D’ici 2017, sans changement radical de nos trajectoires d’émissions, un point « de non-retour » pour le climat de la planète pourrait être franchi. L’essentiel serait de préserver notre devenir, de réduire massivement nos émissions de gaz à effet de serre. Il n’en est rien, l’urgence semble ailleurs, accaparée par l’économie casino… La vérité scientifique du réchauffement climatique (qui se construit), est contestée par des lobbys qui veulent continuer de prospérer contre l’intérêt général,… Géopolitique complexe, guerre et crise économique, la sureté de l’environnement global est toujours remise à plus tard. Plus tard, ne sera-t-il pas trop tard ?

 

L’urgence est mise au service/secours des banques, pour que le système évite un choc systémique provenant d’une désintégration de l’euro. L’économie réelle est socialement importante, vitale même pour une société. En ce moment elle souffre, ce n’est pas une maladie orpheline mais presque, les institutions se font pompiers des croupiers spéculateurs… L’économie casino est devenue la priorité, tellement macro qu’elle broie les milliers d’agents micro qui tissent le lien social, too big to fail… L’économie casino s’est déconnectée de l’économie réelle pour s’accaparer les profits, mais pour ce qui est des risques et des pertes, il lui importe de les socialiser… L’économie casino finance notre « business as usual », difficile de s’en désintoxiquer...

 

 

Nous en sommes là ; à rétablir de bonnes quottes de profitabilité pour l’upper-class, à sauver leurs avoirs…, sans savoir sur quoi sera fondé demain, on avance au jour le jour… L'urgence de l'essentiel est devant nous, et la classe politique occidentale ne le saisit pas, trop empêtrée à se faire réélire et à préserver les intérêts « acquis » d’en haut…  C’est malheureusement vrai pour Obama, mais pas seulement L. Sarkozy aussi est dans le lot, Hollande aspire à en être… Il n’y a pas que l’upper-class occidentale qui a beaucoup à perdre dans un collapse économique, les excédents de la Chine aussi se volatiseraient, comme ceux du Brésil, de l’Inde et des pays exportateurs de pétroles et de gaz…

 

Alors ? Faut-il désespérer ? Oui, non, pas totalement. Il y a l’histoire du grain de sable qui enraye l’engrenage maléfique, le fait que même des forces vives du capitalismes – les assureurs – commencent à plus que s’alarmer du coût du changement climatique (catastrophes naturelles et risques industriels induits) et surtout l’espoir d’une humanité capable de construire sur une dynamique de progrès. La révolution énergétique va s’accélérer du fait de la raréfaction des ressources – pick oil – et c’est très bien, même sans motivation écologique. L’indépendance énergétique, pour s’affranchir un peu/beaucoup d’alliances géostratégiques pesantes, va ainsi parfaitement se conjuguer avec l’efficacité énergétique et les énergies renouvelables. Les [r]évolutions sociales ne sont pas à exclurent, le printemps des peuples arabes, les indignés en Europe, les 99% aux USA …, rien n’est sous contrôle.

 

L'urgence de l'essentiel, c’est de lutter contre le changement climatique, et il faut parfois bien des contours et

Tag(s) : #Environnement

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