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Le 15 mars, après deux semaines de procès, Sylvie Andrieux la députée PS des quartiers nord de Marseille accusée de détournement de fonds publics à propos de subventions du Conseil Régional attribuées à des associations fictives, est passée à la barre du tribunal pour se justifier. Une défense surréaliste, complètement « fada », qui motive ce billet « citoyen » après ce grand oral judiciaire.


J’ai lu le compte rendu de l’audience sur MarsActu et Libération, la défense Mme Andrieux se résume en synthèse à « c’est pas moi, c’est les autres, on m’a trahi, j’ai rien vu, rien signé, le clientélisme règne partout à la Région mais je ne mange pas de ce pain là ! ». C’est pagnolesque comme ligne de défense, j’en rirais volontiers s’il ne s’agissait pas d’argent public détourné et d’un boulevard ouvert au « tous pourris » !!!

 

Mme Andrieux cumularde mais se déclarant « contre le cumul des mandats », aurait été trop occupée par son mandat de députée à l’AN, pour s’investir à 100% dans sa vice-présidence à la Région : « dans cette délégation, la politique de la ville ne prenait ni mon temps ni mon attention en direct » a-t-elle déclaré. Elle fuit ses responsabilités en se présentant comme une élue régionale fictive (telle que je la perçois dans  ses propos) : « je pouvais rester des semaines et des semaines sans venir au groupe »…, « je venais rarement à la Région »…, « ce n’est pas le rôle d’un élu de lire le budget… ». C’est son collaborateur Roland Balalas  qui s’occupait de tout et qui l’aurait trahi en montant ces détournements de fonds public dans son dos.

 

Un ex-collaborateur venu la veille confirmer à la  même barre du tribunal qu’il avait prévenu son élue des risques de dérive dès 2005 ou 2006, et de la présence de fausses factures dès 2007. Il a confirmé par la même occasion que des subventions étaient attribuées «pour avoir des électeurs», ce qui caractérise le clientélisme et le mobile du détournement…

 

 

Comme il n’y a pas de meilleure défense que l’attaque, après avoir chargé Roland Balalas, Mme Andrieux a fait fort dans la suite de son audition au tribunal. Elle a accusé le président de la Région, Michel Vauzelle, de beaucoup subventionner sa ville d'Arles dont il fut maire et dont il est député, et d’avoir recruté des arlésiens pour la moitié de son cabinet. Sur le terrain des embauches justement,  Mme Andrieux s’est faite menaçante. Elle pourrait « prendre un à un les noms des 4 000 fonctionnaires du conseil régional, pour dire qui a embauché qui, qui est marié avec qui, qui a fait embaucher ses enfants…».

 

Y-a-t-il au Conseil Régional des emplois fictifs ou de complaisance, des achats de voix contre des embauches, une oligarchie cachée… ? Nous en saurons peut-être plus lors d’une prochaine audience, alors que la dernière pique envoyée par la députée le 15 mars est hallucinante à propos d’autres détournements de fonds à la Région.

 

«Vous ne connaissez pas l'ampleur de détournements qui ont eu lieu dans d'autres secteurs de cette institution sans jamais aller devant le tribunal correctionnel». Mme Sylvie Andrieux, qui a déclaré ceci à la barre, devrait profiter de ce que le procureur de la République se trouve à ses côtés pour lui confier ce qu’elle sait de ces autres détournements, comme la loi l’y oblige. Elle pourra dévoiler l’étendue de ces prétendus détournements qu’elle connaît dans les autres délégations de la Région, pour espérer un peu de clémence sur ceux qu’elle dit n’avoir pas vu dans sa propre délégation.

 

 

Compliqué le métier de politique selon Mme  Andrieux. Il faut établir et mettre à jours « des dossiers » sur les copains et adversaires, siéger dans plusieurs assemblées et institutions pour cumuler des indemnités et se faire des obligés des responsabilités au service du peuple, tout ça prend tellement de temps qu’on n’a pas le temps de s’occuper en détail de sa délégation à la Région…

 

Mme Andrieux, victime du cumul des mandats comme elle le plaide pour sa défense, voudrait nous faire croire qu’elle n’avait que faire de sa ligne budgétaire à la Région qui permettait pourtant d’arroser de subventions le terrain de sa circonscription...

Un dur métier qu’elle vous dit, surtout quand on refuse d’utiliser le clientélisme. En dépit de l’ambiance culturelle politique locale, Mme Andrieux, fille d’élu marseillais et elle-même élue de profession à Marseille, n’aurait jamais pratiqué…

 

Il est demandé de ne pas rire dans la salle d’audience. Vous pouvez également suivre « la vérité de Sylvie Andrieux » avec le blog animé par son mari.

 

Tag(s) : #Marseille 2008 et au delà

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