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Arte nous aide à appréhender les problématiques complexes du présent. Pour questionner la question nucléaire, la chaîne franco-allemande a diffusé vendredi 25 mars (à revoir sur ARTE+7 jusqu’au 31 mars) le documentaire « RAS nucléaire, rien à signaler ». Ce dernier approche la sécurité nucléaire civile, par le côté social de l’industrie nucléaire européenne.


Un secteur bâti par des Etats européens dans les années 70/80, confié au secteur public, a depuis été privatisé en tout ou partie. La question qui préside aujourd’hui chez les « utilities », ces géants de l’énergie, n’est plus celle de la sécurité des hommes mais des profits maximums. Nous sommes passés de la culture du risque zéro à celle du risque calculé, pour des questions de rentabilité.

 

L’intérêt de l’approche social, au plus près des hommes, c’est de mesurer les évolutions, la détérioration latente au fil des ans qui devient létale pour les ouvriers du nucléaire. Chez EDF, entreprise « publique » privatisée qui est le champion mondial de l’industrie nucléaire, 80% des travaux « sensibles » sont sous-traités. Sous-traitance du risque d’exploitation, barrière légale pour ne pas assumer les responsabilités sanitaires et sociales des leucémies et cancers des ouvriers du nucléaire. EDF exporte ses responsabilités chez ses sous-traitants, qui n’auront pas jamais la surface financière suffisante pour dédommager les victimes, ce tiers état de l’atome géré à la dose.

 

RAS, les syndicats de l’électricien ferment les yeux, faut dire que le comité d’entreprise est juteux ;-((( Les miséreux contaminés, sous-traitants d’une industrie à risque, n’en profitent même pas alors qu’ils sont au cœur de la profitabilité d’EDF SA.

 

Les travailleurs de l'ombre du nucléaire ne sont pas seulement irradiés et mal-payés. Cette masse d’ouvriers intérimaires chargés de la maintenance dans les centrales nucléaires, gérée de façon ultralibérale, ne capitalise plus les compétences nécessaires à la sureté/sécurité nucléaire. EDF n’a plus de compétences internes et chez les sous-traitants, elles s’évaporent…

 

Ce que montre le documentaire « RAS nucléaire, rien à signaler », c’est qu’avec la libéralisation des marchés et la privatisation des groupes énergétiques, EDF, GDF-Suez et consorts, ne respectent plus leurs engagements moraux vis-à-vis de leur « personnel », mais ils mettent en danger la population locale autour des centrales. Combien faudra-t-il du Fukushima pour que l’on change de méthode managériale ? Combien faudra-t-il de documentaires à charge, pour faire la transparence sur les risques, pour sortir du déni de l’atom’cratie ?

 

Comme c’est l’Etat en dernier ressort qui est responsable pour assumer les coûts d’une catastrophe nucléaire, comme c’est la sécurité sociale qui paye pour les accidents du travail atomique déniés, pourquoi notre politique ne peut-elle remettre en cause le modèle actuel, comme condition pour tolérer la continuation du nucléaire ? Il faut en finir avec l’atom’cratie, pour revenir en démocratie !!!

 

Documentaire « RAS nucléaire, rien à signaler », disponible sur ce blog pour quelques jours, le temps d'Arte +7 :

 


 

Tag(s) : #France atom’cratique

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