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27 mars 2011, le Bade Wurtemberg est devenue la première région verte d’Allemagne, elle est parmi les plus riches et conservatrices. L’opulente région du Sud Ouest allemand a basculé pour un logiciel écolo-progressiste. Elle vient d’être gagnée par Die Grünen, qui réalisent 24,9%, devant les sociaux démocrates du SPD à 23,4%, avec qui ils vont bâtir une coalition pour gérer un Land aux mains des conservateurs depuis 58 ans. Si ces derniers arrivent en tête de l’élection (CDU, 38,2%), l’absence de réserve de voix pour former une coalition majoritaire avec les libéraux (FDP, 5%), les met en minorité. L’extrême gauche, avec Die Linke à 2,8%, n’est même pas qualifiée pour envoyer des élus à la chambre régionale.


Voilà pour les chiffres, bruts, repris du JT d’ARTE. Abordons les conséquences de ce vote, où Stuttgart, le bastion de la CDU est tombé dans l’escarcelle verte/rose...

 

Véritable séisme dans la vie politique allemande, cette perte du Bade Wurtemberg aura pour conséquence directe d’affaiblir la position du parti de la chancelière Angela Merkel au Bundesrat. Depuis ses défaites en Rhénanie du Nord Westphalie et à Hambourg, Angela Merkel ne disposait plus de la majorité des sièges au Bundesrat (31/69 sièges), l'équivalent de notre Sénat. Cette fois, la perte du  Bade Wurtemberg (6 sièges) sonne comme une cohabitation à l’Allemande, tant le Bundesrat est important pour légiférer. A Berlin, la Chancelière affaiblie va devoir à la fois amadouer son opposition, tout en ménageant les susceptibilités internes à son camp. Une sorte de quadrature du cercle qui devrait voir les libéraux perdre en influence…

 

La forte progression des Verts, dans le Bade Wurtemberg mais aussi en Rhénanie-Palatinat, doit être considérée comme un vote référendaire contre le nucléaire. Les atermoiements de la Chancelière sur la question nucléaire (pour prolonger la durée de vie des centrales avant la catastrophe de Fukushima – contre après) n’ont pas trompé le peuple allemand, résolument contre l’atome. Au travers de ce vote à chaud, la majorité est clairement donnée aux partisans de la sortie du nucléaire, énergie de transition qui doit être la plus courte possible… Qu’en sera-t-il du devenir des quatre réacteurs nucléaires du Land ? Comment ce dernier va-t-il s’impliquer dans l’accélération de la transition énergétique ?

 

 

Si du côté français, nous voulons retenir une leçon de ce vote historique pour Die Grünen, c’est que les écologistes ne sont pas éternellement condamnés à jouer les forces d’appoints d’une coalition avec les sociaux démocrates. Si le logiciel vert a su convaincre un quart des électeurs de cette opulente région, c’est qu’une vague de métamorphose est demandée par les classes moyennes. La fin de l’histoire n’est pas avérée avec l’avènement du consumérisme, un autre logiciel sociétal peut doit être implémenté… Il y a une demande sociale pour ce changement, pour peu que le parti Des Verts sache faire preuve de réalisme sans courir après l’extrême gauche. Et que le PS français, comme le SPD allemand, revoit ses axiomes productivistes pour être mis à jour, dans une version compatible avec la décroissance sélective des Verts. Malgré un contexte différent, nous devons savoir intégrer cet évènement politique allemand dans la mécanique française pour 2012.

 

Tag(s) : #Politique

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