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Si bien entendu, je condamne fermement l’enlèvement de sept personnes dont cinq compatriotes, au Niger dans la nuit du 15 au 16 septembre 2010, cet acte de terroristes présumés à coup sûr délinquants, n’est pas sans poser question sur l’indépendance énergétique de la France.

 

Car au rayon des grands mythes entretenus par l’atom’cratie française, il y a l’indépendance énergétique du pays. Hors, cet évènement dans la ville minière africaine d’Arlit, qui souligne notre dépendance au Yellowcake issu des mines nigériennes, fait s’écrouler ce mythe. Si la France est moins dépendante du pétrole et du gaz que d’autres pays, elle est dépendante à l’uranium importé de contrées lointaines, dont le Niger. Ce dernier n’étant pas (encore ?) une province française, il est un pays hyper stratégique pour nourrir les centrales nucléaires françaises. Aussi, insécuriser une petite zone du Niger revient à mettre en cause l’alimentation électrique de l’hexagone à moyen terme…L’indépendance énergétique prônée au nom du nucléaire apparaît pour ce qu’elle est : un mensonge qui ne résiste pas au réel !

 

 

La crise de 2007-08 entre Paris et Niamey avait sonné le glas d’une Françafrique de l’atome déséquilibrée. En 2008 déjà, des employés d’Areva avaient été enlevés quelques jours par des rebelles du Mouvement des Nigériens pour la Justice (MNJ)...  Areva avait fini par payer plus cher son uranium nigérien et la diplomatie française avait mené de rudes négociations sur le revenu laissé à l’un des pays les plus pauvres du monde, en échange de son sous-sol uranifère…

 

Là à l’automne 2010, c’est l’AQMI, pour Al-Qaida au Maghreb Islamique, franchise plus ou moins autonome d’Al-Qaida versus Ben Laden, qui met en lumière la fragilité du business d’Areva au Niger. Exploiter une mine d’uranium n’est pas de tout repos dans une zone en conflits larvés… Le terrorisme islamiste « moderne » a choisi de cibler les points névralgiques des nations occidentales. Pour la France, un des points de fragilité s’appelle « uranium nigérien », dans une zone aux frontières poreuses ouvertes à tous les trafics…

 

 

Rappelons que le rapt du 15/09/10 a eu lieu dans une zone dite « sécurisée ». Si bien entendu, sécuriser d’avantage sera toujours possible pour préserver les expats indispensables à l’activité d’Areva sur place, la menace de l’AQMI ou de toute autre officine armée/terroriste, planera sans cesse… Cela va compliquer et renchérir l’extraction de minerais uranifères du Niger (charges pour Areva), ce qui nécessitera par ailleurs de mobiliser les services de l’armée (renseignement, coopération renforcée, mise à disposition de soldats pour défendre les intérêts stratégique de la France, …). Des dépenses qui pèseront in fine sur le contribuable, soit un coût caché du nucléaire mis en lumière pour une première action de l’AQMI sur zone, qui pourrait ne pas être la dernière…

 

 

Morale de l’histoire, si je souhaite de tout cœur que ces kidnappés recouvrent la liberté au plus tôt, je voudrais que l’on perçoive à l’occasion, l’extrême fragilité de la chaîne nucléaire d’amont en aval. Là, c’est l’approvisionnement nigérien qui paraît comme un maillon faible… Le nucléaire ne participe en rien à l’indépendance énergétique de la France, quels que soient les mensonges de l’atom’cratie !

 

Tag(s) : #France atom’cratique

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