Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

atomkraft-nein-dankeDes dizaines de milliers d'allemands ont manifesté ce samedi 18 septembre 2010 à Berlin, contre la politique nucléaire du gouvernement conservateur-libéral de Mme Merkel. Les manifestants (100 000 selon les organisateurs / moins de 50 000 selon la police) répondaient à l'appel d'associations de défense de l'environnement et de l'opposition, Verts, SPD (sociaux-démocrates) et Die Linke (gauche radicale).


L’objectif des manifestants : tenter d’infléchir la décision d'Angela Merkel qui repousse à 2040 et au-delà, la sortie du nucléaire prévue en Allemagne pour 2022 par le précédent gouvernement de Gerhard Schroeder.

 

 

Cela pourra paraître exotique vue de France, mais le choix stratégique du nucléaire dans la politique énergétique du pays, fait largement débat en Allemagne. C’est l’objet d’un débat démocratique, où le pouvoir de l’atom’cratie.gouv.de n’écrase pas la discussion et les décisions. La place de l’atome civile, qui joue un rôle non négligeable dans la politique industrielle du pays avec l’essor d’une industrie globale des énergies renouvelables depuis dix ans, est l’objet de batailles politiques de haut niveau.

 

Face au lobby des compagnies d’électricité (E.ON, RWE, Vatenfall, EnBW) qui voulaient étendre au maximum la durée d’exploitation de leurs centrales nucléaires, Angela Merkel leur aurait finalement imposé une contribution de 30 milliards d’euros en faveur des énergies renouvelables, en échange de 12 ans en moyenne d’extension d’exploitation. Une idée de green-deal à transcrire en France avec EDF, reprise en France par Chantal Jouanno, bien vite oubliée dans le flux d’information… Pour une décision – sans l’apparition d’incident(s) nucléaire(s) – qui devrait rapporter entre 50 et 100 milliards d’euros à ces compagnies allemandes, 30 milliards d’euros supplémentaires en faveur des énergies renouvelables semble un bon deal social-démocrate non vert…

 

 

Mais cette contrepartie ne semble pas satisfaire les manifestants de Berlin, qui misent sur un futur 100 % énergies renouvelables au plus tôt. « L’allemand », peuple rationnel, avec un niveau d’ingénierie sans guère d’équivalence au niveau mondial, se pose la question du nucléaire civil, et il serait pertinent pour les français d’écouter les arguments et contre-arguments de toutes les parties. Ainsi, l’Allemagne pourrait introduire une relative maturité politique européenne, pour aborder sereinement au sein de chaque état membre, la place du nucléaire civile et du développement des énergies renouvelables. Sachant que le développement des énergies renouvelables est devenu une politique européenne qui « s’impose » aux Etats membres.

 

L’atom’cratie.gouv.fr ne voudra sans nul doute pas entendre parler de ce débat allemand, drapée de ses certitudes d’un avenir irradié. Pour les promoteurs des énergies renouvelables en France, le débat allemand est pertinent et riche d’enseignements.

 

La vision politique allemande de la question de l’énergie d’ici 2050, qui doit être dévoilée d’ici fin septembre, devrait confirmer la sortie du nucléaire à cette échéance, l’atome n’étant considéré que comme une énergie de transition à Berlin.


On pourra également retenir sur l’agenda énergétique le 6 octobre à Stuttgart, où une manifestation anti-nucléaire doit avoir lieu, ainsi que le 9 à Munich. Des échauffements militants dans l’attente de la manifestation contre l'arrivée d’un convoi de déchets radioactifs retraités à l'usine française de La Hague attendu en novembre à Gorleben en Allemagne.

 

Atom’cratie.gouv.fr, prend garde, l’Europe des idées progressistes n’a pas de frontière… L’atom’cratie.gouv.de a fini par s’habituer à la démocratie !!!

 

Tag(s) : #France atom’cratique

Partager cet article

Repost 0