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La catastrophe nucléaire au Japon, génère un effet rebond en France. Les langues se délient, les journalistes enquêtent, …, pratiquement plus un jour sans que la question nucléaire ne retienne l’attention critique des médias. Ainsi, le Canard enchaîné du 24 mars fait presque une page et demi d’articles radioactifs.


« 0n nous cache tout on nous dit rien »

 

De quoi inquiéter les bobos sur leur Vélib mais pas seulement. Le Canard lève le voile sur des secrets que les autorités atm’cratiques auraient bien voulu conserver par devers elles.

 

Ainsi, l’absence de tout plan de prévention du risque nucléaire pour la région parisienne et ses douze millions d’habitants. Pour la technocratie, cette absence est justifiée par le fait qu’il n’y a pas de centrales dans la zone. L’impertinent journaliste fait tout de même remarquer que la centrale de Nogent sur Seine est à moins de 100 km du centre de Paris, avec deux réacteurs de 1300 MW chacun. Sans compter les six autres centrales, à 225 km à la ronde, qui totalisent seize réacteurs nucléaires. Un risque pour les parisiens, alors que Tokyo est contaminé par la catastrophe de Fukushima distante de plus de 200 km ? En cas de pépin à Nogent sur Seine, que ferait-on de millions d’habitants pris de panique ?

 

Pschittt, les Plans Particuliers d’Intervention français confinent le risque à 4,5 km, voir 10 km autour de chaque centrale, et pas plus !!! Nos supers décideurs de l’atom’cratie ont sans doute prévu de retenir les nuages radioactifs aux frontières administratives avec l’aide des préfets…

 

Les parisiens qui aimeraient profiter des charmes du Sud-Est pour oublier le risque nucléaire qui cerne Paris, n’en seront pas quittes pour autant. Malgré les centrales installées dans la vallée du Rhône et le bien connu Mistral qui souffle fort, rien n’est prévu en cas de catastrophe pour évacuer les populations. De quoi faire flipper avignonnais, aixois et marseillais, si par la faute à pas de chance, un accident survenait à la centrale de Cruas ou du Tricastin un jour de grand vent…

 

 

Autre canardage qui inquiète, l’article sur le Codirpa, comité directeur de gestion de la phase post-accidentelle, mis en place presque 20 ans après la catastrophe de Tchernobyl. Ce machin administratif sous l’égide de l’Autorité de Sureté Nucléaire, compte plus de cent cinquante crânes d’œuf qui phosphorent sur la conduite à tenir en cas d’accident, pour préserver les populations. Très bien, sauf que le Codirpa n’a étudié en une demi-décennie, que des incidents mineurs et gérables. Rien dans les cartons pour imaginer un plan à la hauteur des enjeux si un accident grave survenait dans un des 58 réacteurs, ou encore dans les usines nucléaires de La Hague, Marcoule ou Cadarache.

 


Gouverner, c’est prévoir !!! La France qui est le pays le plus nucléarisé du monde, est toutefois incapable de produire des scénarios réalistes face à l’improbable. Espérons que l’ère post-Fukushima développera une vraie culture du risque.

Tag(s) : #France atom’cratique

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