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Un énième sommet européen plus tard, qui aurait une fois de plus « sauvé l’euro et l’Europe », avec un « accord intergouvernemental » de l’euro-zone potentiellement élargie jusqu’à 26, je suis très dubitatif. L’accord sur la rigueur budgétaire sans transfert officiel de souveraineté mais avec sanction plus « automatique », c’est le retour au traité de Maastricht « appliqué ».


L’encre du traité sur l’Union Européenne n’était pas encore sèche en 1992, que la France (comme d’autres pays européens) s’affranchissait de la rigueur vis-à-vis du déficit et de la dette inscrite dans le texte. Vingt ans que cela dure ! Chirac, puis Sarkozy aux manettes, cela a été la dérive budgétaire continuelle. Rappelons- nous du point de croissance que Sarkozy voulait aller chercher avec les dents en 2007, quand son paquet fiscal plombait le déficit pour relancer l’économie du pays par ruissellement. Les riches plus riches étaient censés investir et générer de la croissance, la progression du pouvoir d’achat devait être au bout du tunnel… En 2012, fini la cigale, le président se transforme en chef d’un peuple de fourmis, qui tiendrait à honorer la signature française… Le pouvoir d’achat attendra 5 ans de plus…

 

 

Européen convaincu, j’ai peu écris sur l’Europe depuis quelques temps, sans doute parce que mon rêve européen s’est peu à peu étiolé... « Bruxelles », capitale incarnée de l’Union Européenne a trop souvent été présenté dans le pays comme le croquemitaine à mauvaises nouvelles, symbole d’une technocratie déconnectée qui pousserait  à une absurde discipline, aux normes environnementales... La discipline budgétaire était nécessaire, l’avoir ignoré pendant si longtemps nous amène à un remède de cheval dont il n’est pas certain que le malade ressorte vivant s’il guérissait… Et notre retard sur la protection de l’environnement se paye aujourd’hui par exemple en algues vertes sur les côtes bretonnes, et demain peut-être par une absence d’industrie des énergies renouvelables…

 

2011/12, la France paye « cash » son manque d’europénaité entretenu depuis 20 ans, et il n’est pas certain que cela rende l’Europe populaire aux yeux des français électeurs, loin s’en faut. D’autant que l’accord gouvernemental de la zone euro est bancal, complètement déséquilibré. Il ne comporte qu’un seul grand et immuable plan d’austérité – convergence et discipline budgétaire - et absolument rien pour le soutien à l’économie réelle. C’est invendable électoralement, même à grand renfort de dramaturgie et de « Merkozy ». L’équipe de Sarkozy va s’en apercevoir une fois les fêtes passées…

 

 

Que faire pour ne pas se résigner à l’austérité généralisée ? Peut-être rapprocher l’Union Européenne et la BCE de l’économie réelle, de ses besoins pour affronter les défis du siècle. En ce sens, l’économie du savoir et de la connaissance a besoin d’investissements massifs, tout comme l’amélioration de l’efficacité énergétique du continent et le faire carburer à l’énergie verte. Vous aurez compris où je veux en venir, l’Europe doit investir dans son devenir et pas besoin d’eurobonds pour cela, si l’on raisonne en investissement sectoriel avec du crédit allégé pour ceux qui empreintent pour investir dans ces secteurs « priorisés » au niveau européen. Nos technocrates doivent pouvoir nous inventer des prêts à zéro % ou presque sur 10 ou 15 ans, pour quelques dizaine de milliards d’euro par an qui seront investis dans les états membres sur ces secteurs « priorisés ». Je ne sais si c’est la BCE ou la BEI qui ont/sont les bons outils pour cela. Mais je sais qu’investir en dette européenne allégée pourrait permettre de flécher l’investissement sur ces secteurs stratégiques, tout en allégeant/effaçant la charge résultante des mesures de soutien normalement dévolues aux états membres. Il s’agit de viser l’effet de levier maximum pour l’investissement à l’échelle européenne, tout en allégeant la charge des états membres. Sur 10 ou 15 ans, la compétitivité de l’Europe s’en retrouverait renforcée et sans doute réindustrialisée.

 

Si l’Europe a pour seule boussole l’austérité comme ordonnance aux états embres, je ne vois pas comment échapper au nationalisme. Dépassé cet écueil qui n’a jamais rien apporté de bon, nécessite de compléter l’accord européen du 11 décembre 2011.  L’Europe doit nous apporter des solutions communautaires de progrès. On ne peut sans doute pas progresser partout et sans distinction, mais nous pouvons faire des choix qui engagent le devenir du continent.

 

Tag(s) : #Europe

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