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J’avais entendu parler du chef des jeunes UMP, Benjamin Lancar. Lu quelques papiers sur le personnage alors qu’il était candidat à sa succession cet été. 25 ans, des dents blanches, une jeune pousse de droite dévouée corps et âme au grand timonier à talonnettes… Benjamin Lancar était l’invité de la Ligne j@une de la rentrée, ce qui a fini de me convaincre sur l’imbécilité du garçon. Un billet sur Marianne 2 relate l'évènement.


Il n’est pas président des Jeunes Populaires pour rien, le benjamin, de la vraie graine de champion qui doit se faire coacher par Frédéric Lefebvre et Christian Estrosi. Son « délinquants de la conscience » à l’encontre de Médiapart et de Marianne est une perle, j’y reviendrai. Et son concept fumeux de « gauchosphère » pour appeler à l’e-riposte de droite pour 2012, j’en rigole encore.

 

 

Tel un Don Quichotte de l’UMP, le jeune Lancar est fâché/ulcéré/révolté par tous les blogueurs qui ne font que dire du mal de Sarkozy. Les voies électroniques sont pavées de mauvais billets, elles sentent le souffre d’une sourde révolte,… Sans doute mon blog fait-il parti de cette « gauchosphère », qui polluerait le web et en conséquence, l’esprit des français et des militants UMP ;-).

 

Les blogs amateurs passent encore, ils ne sont que le thermomètre électronique de l’humeur social du pays. Le grand cauchemar de Benjamin Lancar, c’est Edwy Plenel et Mediapart. Il pilonne pendant de longues minutes contre la pravda que serait Mediapart, faisant de Plenel un homme de main de Martine Aubry et du PS, un type qui veut le scalp de Woerth et la tête de Sarkozy, un trotskiste avec le couteau entre les dents prêt au coup d’état permanent… Habillé pour l’hiver le Plenel, c’est l’ennemi personnifié qui profiterait du web pour tenter de déstabiliser le gouvernement. « Des méthodes de trotskiste ce Plenel », claironne Lancar…

 

Résultat de cette contre publicité : l’envie d’offrir des abonnements de Mediapart pour Noël ;-)

 

 

Benjamin Lancar voudrait un outil d’information de droite capable d’alimenter un contre buzz, pour couvrir les histoires et scandales qui émaillent de quinquennat de Sarkozy et qui se propagent sur le Web. S’il n’y avait que des amis comme Dassault, Lagardère, Bouygues, Bolloré, …, pour posséder les canaux d’information et maîtriser le contenu, Benjamin vivrait plus tranquille. Là, entre Mediapart et Marianne, - il a oublié le Monde ;-) – et une blogosphère non docile voir rebelle, Lancar a des sueurs froides pour préparer la campagne présidentielle de 2012 sur internet. Il sent d’instinct qu’il va avancer en terrain hostile…

 

Le gars est tellement intelligent et spontané, qu’il avoue « connaître ses éléments de langage », s’en vantant comme un signe de distinction reçu du Château. Suivre des instructions et utiliser son kit-blog made by UMP, des blogs qui répètent et clament la grandeur et la réussite de Nicolas Sarkozy, …, voilà la « droitosphère » que Lancar appelle de ses vœux pour faire échos à la « gauchosphère » spontanée.

 

 

Je ne peux conclure ce billet sans revenir sur les « délinquants de la conscience », que seraient Mediapart et Marianne selon Benjamin Lancar. La formule claque, martiale contre l’intelligence, elle est ciselée pour être retenue. Toutefois, un passage par le dictionnaire – Robert historique de la langue française - pourrait éclairer le jeune Lancar et lui faire manger sa formule comme un boomerang.

 

Délinquant : vers le 14ème siècle, le mot vient de l’ancien verbe délinquer, qui veut dire commettre un délit. Le mot a supplanté délinqueur, dérivé du même verbe en moyen français, pour qualifier et désigner la personne qui a commis un délit et par extension, une faute voire un crime.

 

Conscience : nom féminin qui apparaît vers le 12ème siècle, le mot issu du latin conscientia prend d’abord un sens moral, comme une connaissance intuitive entre le bien et le mal. Jusqu’au 17ème siècle, où un sens plus philosophique, métaphysique même, vient enrichir le mot. Ainsi, la conscience recouvre le sens, la faculté qu’à l’homme d’appréhender sa propre réalité. La conscience devient une réflexivité. Marx et Hegel renforceront ce sens au 19ème, posant la conscience comme le fruit d’une médiation et non une certitude naïve…

 

Etre un « délinquant de la conscience » serait donc empêcher les citoyens d’exercer leur libre arbitre pour appréhender la réalité. Ce serait les priver des éléments permettant une saine médiation face à l’accumulation d’information. Exactement le contraire de ce font Médiapart, Marianne, Le Monde, … Benjamin Lancar est un délinquant de la connerie, mais il va à bonne école…

 

Pour juger sur pièce, l’émission la Ligne j@une :

 

 

Tag(s) : #Politique

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