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Nicolas Hulot a changé de job, il passe d’animateur télé écolo chez TF1 tout en étant président de sa fondation éponyme, à candidat à la présidentielle. Il commence son nouveau parcours politique comme candidat aux primaires d’Europe Ecologie Les Verts.

 

Avant d’en venir au fond de sa déclaration, passer au crible la forme. Sa déclaration de candidature à Sevran en banlieue parisienne pour faire populaire, pouvait paraître austère. En chemise à col mao et veste de costume, Nicolas Hulot a tenu un monologue de 20 minutes derrière un pupitre, sérieux et grave. Sa déclaration n’a pas été suivie d’une séquence de questions/réponses avec les journalistes, ce qui est regrettable. L’homme « médiatique », champion de l’audimat, a fait un long discours de politique générale pour justifier sa candidature, sans émotion palpable capable d’entraîner une dynamique.  Code couleur de 2012hulot.fr, vert sur fond gris. L’impression que le gris est trop prégnant dans le discours, alors qu’une campagne électorale se gagne sur l’espoir…

 

 

 

 

  

Le Hulot nouvel homme politique est devenu « social », c'est-à-dire qu’il récuse maintenant l’augmentation des inégalités, alors que les enjeux écologiques commandent toutes les solidarités au niveau global et local. Compte tenu de son cheminement – il a été financé pendant longtemps par TF1 et sa fondation vit de l’obole des multinationales – se positionnement « socialo-écolo » pourrait surprendre. Toutefois, je pense l’homme sincère, quand il parle des moyens et des fins, de changer de cap pour redonner du sens à la société française. Lui aussi a changé de cap pour se lancer dans la course à la présidentielle, quittant son confort matériel, il se met en danger pour donner plus de forces à ses convictions…


Nicolas Hulot passera-t-il les primaires d’Europe Ecologie Les Verts, pour devenir le candidat officiel des écolos à la présidentielle ? Entre Eva J et Nicolas H, il y a compétition sur l’austérité et les deux protagonistes ne sortent pas d’un canal vert historique... Aussi, j’ai bien du mal à parier sur qui remportera la majorité des votes des adhérents et coopérateurs d’EELV. Personnellement, je ne sais pas encore pour qui je vais voter. J’attends de voir la stratégie, les propositions et la façon de les porter de chacun des candidats, pour me décider.

 

 

Nicolas Hulot égratigne Sarkozy, « incompatible » avec le changement de cap qu’il propose, refusant de se compromettre avec celui dont les « choix privilégient inégalités et exacerbation des peurs et qui sacrifient les priorités écologiques et sociales ». C’est dire que le pacte écologique signé par Sarkozy en 2007 a été déchiré et piétiné… Toutefois, Hulot ne veut pas donner de blanc-seing automatique aux candidats de la gauche et du centre. Il leur propose de partager l'immense chantier écologique et social, pour « engager le contrat de la métamorphose ». Belle formule qui met le PS au pied du mur.

 

Car finalement, l’intérêt de l’engagement de Nicolas Hulot comme poids lourd médiatique en quête de légitimité politique, réside dans le forcing qu’il pourrait exercer à gauche et au centre. S’il s’agit de rejouer le pacte écologique à haute pression de conviction pour verdir bien plus qu’à la marge le programme du PS, ça pourrait le faire. Récuser Sarkozy  en préalable, c’est annoncer en creux une alliance probable au centre gauche, à la condition que les protagonistes d’une coalition avec EELV veuillent engager un changement du logiciel écologique et social de la société française.

 

 Qui sera le plus capable, entre Eva Joly et Nicolas Hulot, de faire évoluer le logiciel politique des partis qui veulent tourner la page Sarkozy ? Comment la société française va-t-elle recevoir et supporter les idées et projets pour changer de cap face à l’urgence écologique et aux opportunités qu’elle offre ?

 

A suivre…


Tag(s) : #Elections 2012

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