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Si EDF se montre rétive au développement de l’électricité solaire en France, avec un brin de schizophrénie, sa filiale EDF Energies Nouvelles (EDF EN) a les yeux plus grands que le ventre pour les électrons verts financés par les français. Elle ne s’embarrasse guère de l’esprit des lois, tant elle met de malice à détourner leurs lettres, pour faire de méga-profits, avec des complicités au sein de l’Etat et du gouvernement.


EDF EN est une société purement capitaliste, drapée dans le voile du service public qu’évoque la marque EDF, avec une touche de vert pour être tendance. Elle joue d’influence à tous les étages de l’administration (cabinets, DGEC, Préfectures, collectivités, …), pour manger la plus grande part possible du « gâteau solaire » français, tout en étant parmi les plus gros importateurs de modules chinois.

 

Pâris Mouratoglou, PDG d’EDF EN, est épinglé par le magazine Capital de février 2011, pour présomption de délit d’initié. Ses trop bonnes relations avec l’administration et le cabinet de JL Borloo, alors ministre de l’énergie, lui auraient permis d’anticiper les décisions de baisses du tarif d’achat de l’électricité solaire, pour bourrer de dossiers la bulle spéculative dénoncée par le gouvernement. Cela fleure bon le trafic d’influence pour être tuyauté, au moins un soupçon étayé… Une enquête administrative devrait être menée. Exposé des motifs : plus de 1000 MW de projets solaires ont été déposés par EDF EN de toute urgence dans le courant de l’été avant la baisse des tarifs de septembre 2010 (cela représente une rente 8 milliards d’euros sur 20 ans, pour un investissement de 3 milliards). Qui a renseigné Pâris et ses équipiers, pour qu’EDF EN anticipe de façon optimale le calendrier de la décision politique ?

 

 

Autre casserole éthique aux fesses d’EDF EN et de Pâris Mouratoglou, le méga-projet de centrale solaire au sol, dans le Gard à Beaucaire. Le Figaro (pages sur l’économie, cahier saumon) du vendredi 28 Janvier 2011 nous affranchi sur ce projet hors normes (700 hectares / environ mille terrains de football, pour 261 MW) porté par EDF EN.

 

Dans ce cas d’espèce, EDF EN a sans nul doute été très habile pour contourner la loi qui limite le tarif d’achat de l’électricité solaire à des projets de moins de 12 MW. Des sociétés écrans ont été créées (plus d’une vingtaine), qui ont toutes désigné EDF EN pour construire et exploiter leur tranche de centrale inférieure à 12 MW. Coup de chance, l’administration locale et nationale ont marché dans la combine et validé le projet, de même que RTE (filiale d’EDF pour le transport d’électricité haute tension). Ne reste plus que l’enquête publique avant de lancer les travaux. Si aucun recours n'est déposé devant les tribunaux administratifs, les premiers kWh de cette centrale seraient délivrés à la fin de l'année 2013.

 

Ce qui est inexplicable, aux citoyens comme aux élus, c’est comment EDF EN a pu contourner aussi facilement la loi, pour faire un méga-projet hyper rentable validé par les services de l’Etat, tandis que la même administration et le gouvernement, parlent de restreindre le marché du photovoltaïque pour préserver le pouvoir d’achat des français. Ici, EDF EN investirait via des sociétés écrans, de 652 à 783 millions d'euros, pour un revenu sur 20 ans estimé de l’ordre de 1 700 millions d’euros.


Deux poids, deux mesures : non aux modestes projets des PME et PMI, oui au méga-projet d’EDF EN – importateurs de matériels chinois et de main d’œuvre pour réaliser le chantier -  voilà la réalité de la politique solaire française, illustrée avec cet exemple concret. Ce projet d’EDF EN dans le Gard est un cas d’école pour illustrer la collusion des intérêts et la cupidité de l’opérateur. Manque plus que Pâris Mouratoglou reçoive une décoration des mains de l’omniprésident Sarkozy, et le cliché de décadence serait parfait...

 

Tag(s) : #Solar Buzz

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