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Ce mercredi 20 juillet, se sont télescopées deux actualités solaires en France. D’un côté, organisée le matin à Paris, une sauterie ministérielle [environnement et industrie] où Nathalie Kosciusko Morizet et Eric Besson recevaient Jean Louis Bal le président du Syndicat des Energies Renouvelables (SER), pour lancer un nouveau label pour les modules photovoltaïques (AQPV), et de l’autre côté en fin d’après midi dans le Morbihan en Bretagne, une manifestation de soutien à Franck Le Borgne, entrepreneur solaire en grève de la faim.

 

Ces deux évènements se sont télescopés parce que leur contenu est radicalement différent. D’un côté nous avons un cri d’alarme avec une mise en danger personnelle qui interpelle, et de l’autre, une com institutionnelle qui essaye de vendre que tout va mieux dans le meilleur des mondes du solaire français. Entres ces deux angles, un gouffre s’étend, qui a à voir avec la réalité…

 

Le communiqué ministériel tresse des louanges au gouvernement, avec la caution du président du SER qui a déclaré « je salue le lancement des appels d’offres photovoltaïques par le Gouvernement. Je suis extrêmement satisfait de leur composante industrielle et j’accepte et adhère au pacte de confiance que le Gouvernement nous propose sur le solaire photovoltaïque ». Comme si la politique du gouvernement Sarkozy n’était pas une atteinte au développement du secteur solaire français, avec entre 1/4 et 1/3 des emplois détruits en quelques mois (base de 25 000 à fin 2010). Comme si ces appels d’offres n’étaient pas un laminoir à PME, qui favorisent les intérêts de quelques PMI et sacrifient le plus grand nombre de PME et de PMI pour servir des grands groupes énergétiques… En face, nous avons Franck Le Borgne, dans son 11ème jour de grève de la faim, qui bataille pour se faire reconnaître dans ses droits bafoués de producteur d’électricité solaire.


Quel contraste !!!

 

Pour ceux qui ont un peu de mémoire, je voudrais revenir quelques années en arrière. André Antolini, président du SER à l’époque, écrivait à JL Borloo super ministre de l’Environnement et de l’Energie, le jour où le texte du Grenelle passait à l’Assemblée Nationale et que les éoliennes allaient être soumises à la procédure ICPE (installations classées dangereuses et soumises à autorisation). André Antolini disait en substance au super ministre « merci beaucoup Jean Louis pour tout, tu nous as tant donné par la volonté de Nicolas S… » et le ministre en profitait pour tacler l’opposition dans l’hémicycle alors que celle-ci voulait défendre l’éolien en le soustrayant à l’ICPE… Résultat de ce texte « éolicide » dans la loi Grenelle de l’environnent : peu de développement de l’éolien en France depuis lors, avec un marché qui s’est concentré dans quelques mains de grands groupes. Veut-on, par jacobinisme avec la collaboration du SER, répliquer le même modèle éolien pour l’énergie solaire, qui est une faillite au niveau de la gouvernance fructueuse ?

 

L’histoire semble en passe de se répéter. Le syndicat des énergies renouvelables joue toujours la même partition « merci au gouvernement Sarkozy », tandis que le secteur solaire est en train d’agoniser à cause des décisions du même gouvernement. Ce que JL Bal aurait du  dénoncer, c’est que Nathalie Kosciusko Morizet et Eric Besson viennent poser une cautère sur une jambe de bois qu’ils ont eux même amputé !!! Mais rue de la Baume, l’on pense sans doute qu’il ne faut pas froisser l’Elysée, quitte à mécontenter une part des adhérents…

 

 

 

Tag(s) : #Solar Buzz

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