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Éric Besson a été nommé le 14 novembre 2010, ministre de l'énergie auprès de la ministre de l’Economie et des Finances, Christine Lagarde. Ainsi, l’énergie n’est plus vue (et régulée) comme une problématique environnementale mais comme une affaire économique. Cette part de remaniement est en rupture totale avec l‘esprit et la lettre du Grenelle de l’Environnement.

 

Au fond, si la personnalité du ministre compte un peu - pour pondérer relativement l'appétit de l'atom'cratie du corps des Mines - c'est surtout la sortie de "l'énergie" du  ministère de l'environnement qui inquiète. JL Borloo avait ses défauts, mais il avait le poids d'un ministre d'État, second dans l'organigramme gouvernemental, pour imposer les énergies renouvelables à la technocratie française nourrie pendant des décennies au biberon atomique. Au prix de quelques renoncements (la Loi Grenelle 2), Borloo avait su feinter pour faire avaler à l’administration française la Directive européenne 20% EnR 2020. C'était en cohérence avec le Pacte Ecologique...

 

Là, retirée de la tutelle de l'environnement et aux mains d'eric Besson, l'énergie va revenir à son tropisme français : en dehors de l'atome civil, point de salut ni de choses sérieuses...

 

Car le nouveau ministre de l'énergie français a du conserver un dossier de son précédent poste à "l'identité nationale", à savoir que le nucléaire civile fait partie de l'identité énergétique française ;-((.

 

Un historique de son action politique, de l'époque où il était PS à celle où il a rejoint Nicolas Sarkozy, nous apprend son indéfectible engagement pour l'atome. Élu local de Donzère dans la Drôme - territoire lié au nucléaire (Tricastin/Pierrelatte) - Éric Besson n'est pas fondamentalement contre les énergies renouvelables (Donzère compte quelques éoliennes et valorise son biogaz) pourvu qu'elles ne menacent pas l'avenir du nucléaire civil. Aussi, il est favorable aux EnR tant que la France bâti des EPR et prépare le renouvellement de son parc électronucléaire...

 

Pour ses arbitrages à venir, j’ai l’impression que le mix énergétique français 2020/30, pourrait ressembler à un pâté d'alouette, avec une petite alouette d’énergies renouvelables pour couper un beau gros morceau de nucléaire. En gros, exactement l’inverse du mix énergétique allemand !

 

Reste la question d’une tutelle à régler, même lointaine, de la maîtrise de l’énergie et des énergies renouvelables, par Nathalie Kosciusko-Morizet alias NKM. Car même si NKM n’est pas ministre d’Etat, son ministère couvre l'Écologie, le Développement durable, les Transports et le Logement. Autant de sujets où l’énergie est une question transversale, voir essentielle pour appliquer le développement durable. Rien que le logement est un des secteurs clés pour la croissance des économies d’énergie et des énergies renouvelables… Retirer l’énergie au transport et au logement, c’est un corps sans colonne vertébrale pour courir après les enjeux du 21ème siècle.

 

Il faudra lire avec attention les lettres de mission de NKM et d’Eric Besson, pour savoir comment sera partagée la tutelle des énergies vertes. A suivre…

 

Tag(s) : #Environnement

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