Partager l'article ! Europa, cahier de presse européenne pour un supplément d’âme post-nationaliste: « Europa » est un cahier de presse européenne découv ...


"Pour être soi, il faut se projeter vers ce qui est étranger, se prolonger dans et par lui.
Demeurer enclos dans son identité, c'est se perdre et cesser
d'être.
On se connaît, on se construit par le contact, l'échange, le commerce avec l'autre.
Entre les rives du même et l'autre, l'homme est un pont."
Jean Pierre Vernant, La traversée des frontières

« Europa » est un
cahier de presse européenne découvert dans le Monde (cahier n°20844 daté du 26/01/12). C’est un supplément d’âme pour dépasser le nationalisme, en se reliant au présent de l’aventure commune
depuis 1957. La citoyenneté européenne est relative, elle n’est pas une évidence pour le demi-milliard d’européens qui nous sommes. Pour ceux qui se ressentent/se vivent européens, les temps sont
durs, on se sent esseulé, on en vient à douter de ses convictions communautaires... L’Union européenne semble paralysée, l’Europe ne semble plus un horizon porteur d’avenir, mais un cadre
supranational qui apporte la rigueur et peu/pas de solutions… Alors qu’EL PAÏS, the guardian, gazeta, LA STAMPA, Süddeutsche Zeitung et Le Monde, sorte un journal commun, « europa », je dis
bravo. Que six grands titres de presse européens collaborent pour présenter l’Europe sous des angles différents (et pas systématiquement europhile, loin s’en faut) au travers d’un journal commun
multilingue, je trouve cela très intéressant. Europa est une aventure éditoriale que je salue, nous en avons furieusement besoin, plus que jamais.
Europa, 16 pages qui j’espère sera un supplément hebdomadaire, c’est peu et en même t emps beaucoup. Que des journaux « mainstream » tentent une réhabilitati on d’une part de rêve
européen, sans occulter les trous/manques dans la réalité de l’image idyllique, est nécessaire. Europa donne chair à une abstraction et pas seulement avec des hauts fonctionnaires/experts qui
administrent l’UE, mais avec des européens, anciens et nouveaux, citoyens lambda, qui se vivent pleinement au-delà de leur pays d’origine, appartenir à une communauté de destin.
Si je devais retenir un seul article de ce premier numéro d’europa, je retiendrais celui avec Umberto Eco, intellectuel universel d’origine italienne, Umberto nous
enjoint d’enraciner l’identité européenne « avant que la crise ne la détruise entièrement ». Umberto Eco nous parle d’un chemin métis, judéo-chrétien et grec, qui s’est nourri des
cultures nordiques, germaniques et andalouses, pour accoucher d’une culture multiforme sur une terre prospère, intelligente et meurtrie par deux guerres mondiales. Ce chemin est une Europe à la
croisée des chemins, nous ne pouvons le laisser aux seuls nationalistes qui attendent en embuscade que l’Europe trébuche. « Europa » pourrait commencer à relier des citoyens européens, attachés à
ne pas reproduire les erreurs du passé…
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