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La loi dite « Grenelle 2 » bientôt adoptée par l’Assemblée nationale, aura été l’occasion de renier la philosophie et les consensus issus des négociations tenues en 2007 sous l’égide du Grenelle de l’Environnement. Depuis cette époque porteuse d’espoirs (modérés) et d’engagements (à confirmer), la crise économique a éclaté, donnant du grain à moudre aux lobbys conservateurs pour revenir sur les promesses vertes du début de mandat. Aussi, la lourde défaite des élections régionales où l’UMP n’a pas touché de dividendes de sa timide conversation écologique, aura fini de convaincre le gouvernement et sa majorité, que « l’environnement, ça commence à bien faire »… L’omniprésident tournant le dos à Nicolas Hulot, la loi Grenelle 2 transcrit de l’écologie homéopathique.

Chacun choisira son marqueur de reniements, comme par exemple la priorité donnée à l’économie sur la santé, pour évaluer la réduction de l’usage des pesticides. Je fais le choix de retenir l’énergie, tant les débats sur la place de l’énergie éolienne ont été violents. C’est une véritable charge contre ces moulins modernes qui a été menée, orchestrée officiellement pour la préservation des paysages, et officieusement pour ne pas écorner les intérêts du nucléaire. Portée par une escouade de députés acquis à la cause atom’cratique, cette bataille de l’éolien entrave un peu plus une filière déjà encadrée par un cadre très contraignant. Ces nouvelles mesures contre l’éolien, hypothèquent considérablement la possibilité pour la France d’atteindre son objectif de 23% d’énergie renouvelable en 2020.

Les Don Quichotte de l’UMP en rang serré contre l’éolien, auront finalement très peu concédé en comparaison des estocades portées. Si le texte initial prévoyait l’imposition d’un seuil minimal de puissance de 15 MW par parc éolien, seuil qui a été abandonné par soucis d’apaisement, le nombre minimum de cinq machines par « unité de production » demeure, ce qui introduit un seuil implicite de 10 à 12 MW par parc, compte tenu de la taille moyenne actuelle des éoliennes.

Par ailleurs, les éoliennes seront subordonnées à l’établissement d’un futur schéma régional éolien à mettre en place, schéma qui pourra être établi par le préfet si la région ne le faisait pas. Déjà soumise au schéma territorial des Zones de Développement de l’Eolien (ZDE), cette nouvelle réglementation va très fortement ralentir la croissance du secteur dans les prochaines années, le temps d’établir ces nouveaux schémas. Connaissant l’inertie administrative, ce sont deux à trois ans minimum de gèle pour le secteur industriel français qui a été décidé. Bye-bye la croissance verte dans ce secteur, pourtant important et porteur au niveau mondial.

Enfin, les éoliennes seront maintenant soumises au régime des installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE). Cette mesure symbolique range les éoliennes parmi les installations les plus dangereuses pour l’environnement en France, au même titre que les usines chimiques, les  raffineries ou encore les centrales nucléaires !!! Ce classement ICPE va rallonger les procédures et insécuriser d’avantage les développeurs de projets, sachant que les éoliennes étaient déjà soumises à enquête publique et étude d’impact. Cela ne suffisait pas, on en rajoute une couche au nom d’une anarchie fantasmée qui soufflerait dans nos campagnes !

 

Avec cette série de mesures « éolicides », l’industrie française de l’éolien voit sa croissance menacée. Ce n’est pas « l’amendement Borloo », introduit par le gouvernement et qui vise à vérifier la bonne atteinte des objectifs de la programmation pluriannuelle des investissements de production d’électricité (dont la part d’origine éolienne) qui change la donne. S’engager à vérifier l’atteinte d’objectifs, déjà fixés et contraignants, cela ne ressemble pas à une « avancée significative », quoi qu’en dise le président du syndicat des énergies renouvelables (SER), André ANTOLINI. La clause de rendez-vous permettra logiquement de constater dans trois ans, les méfaits des mesures et un décrochage vis-à-vis des objectifs, cqfd !

Le SER par son président, avale des couleuvres et sert de caution à JL Borloo et au gouvernement, tandis que d’autres organisations professionnelles et ONG ne sont pas dupes. Que vont penser les membres de ce syndicat et ceux de France Energie Eolienne, du quitus donné via un communiqué de presse le 7 mai, écrit à l’encre présidentielle ? Un communiqué que le ministre a d’ailleurs brandit à l’Assemblée en signe de victoire, le Syndicat des énergies renouvelables félicitant le gouvernement pour ses "avancées"

L’acharnement législatif sur l’éolien ne relève pas d’un encadrement rationnel, mais d’une volonté délibérée d’entraver son développement. Au final, le constat Grenelle 2 sur l’éolien n’est-il pas des procédures de plus en plus complexes, un développement fragilisé et des industries françaises ralenties dans leur croissance ? Suis curieux de la démonstration contraire que pourra faire André Antolini, avec pour seule consolation une clause de revoyure en 2013. Pour l'atom'cratie, ce n'est pas si grave que la France contrevienne à ses objectifs EnR contraignants fixés par l'Europe, il n’y a pas de sanctions prévues et 2020, c’est tellement loin ;-(((.

 

Tag(s) : #Environnement

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