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Henri Proglio, le PDG d’EDF a donné une interview dans Le Monde daté du 25 mai. Il y expose les orientations stratégiques d’EDF d’ici à 2020 et celles-ci semblent inexorablement liées au renforcement de la position d’EDF dans le nucléaire qui serait dans l’ADN de l’électricien national, dixit le big boss.


La feuille de route du groupe, selon Proglio, c’est pour EDF de passer à une capacité de 200 GW au niveau mondial (contre 150 aujourd’hui), avec une répartition à 50% dans le nucléaire, 25% dans l’hydroélectricité et les autres sources d’électricité renouvelable et 25% en thermique (gaz et charbon). En France, il vise pour 2020 une part du nucléaire stable à 80% [c'est-à-dire sans développement accru de l’éolien et du photovoltaïque] alors que dans le même temps, il annonce un parc de production d’électricité renouvelable de 45 GW géré au niveau européen (hydroélectricité comprise, comptant pour plus de 20 GW en 2010 pour la France).

 

 

Le fait que le PDG d’EDF ne tienne pas compte de la directive européenne sur les énergies renouvelables  - 23 % de l’énergie consommée en France, soit 30 à 35 % de l’électricité d’ici à 2020, ce qui est incompatible avec 80% d’électricité nucléaire - est lourd de sens pour la politique énergétique du pays, quand on sait le poids d’EDF pour influencer nos ministres et l’administration… Cela devrait en interroger plus d’un à la Commission Européenne…

                             

 

On relève de cet article que Proglio est un plaideur infatigable du nucléaire, malgré Fukushima. Il parle de « nucléaire plus sélectif » mais n’aborde pas le problème insoluble des déchets, ni l’acceptabilité sociale du risque pris par la population. Il se moque au passage des allemands qui tournent le dos à l’électricité atomique pour en sortir d’ici 2021. Il raille leur manque de volonté d’indépendance énergétique, alors que la France n’a pas encore annexé le Niger pour alimenter en combustible ses centrales nucléaires, tandis que les allemands seront alimentés par le soleil et le vent exploités au niveau national. Cherchez l’erreur de diagnostic !!!

 

Henri Proglio, à la tête de l’atom’cratie française, tient la catastrophe de Fukushima pour un retour d’expérience à intégrer, rien de plus. Au pire, c’est pour lui un report de centrales nucléaires à construire et exploiter de part le monde, alors qu’il imagine un avantage compétitif pour son modèle intégré. Et tandis que la moitié des agents qui travaillent dans le nucléaire pour EDF vont partir à la retraite dans les six prochaines années, il nous berne en disant que le marché futur d’EDF est de vendre de la matière grise au chinois pour co-construire leur parc atomique. Maintenir et développer de la compétence qui fuit, pour l’exporter au chinois, est-ce un schéma vendable aux français qui vont voir leur facture augmenter au moins de 2,5% par an d’ici 20115, et bien plus après ?

 

Tag(s) : #France atom’cratique

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