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J’écrivais en juillet 2009, un billet sur la naissance d’IRENA, l’Agence Internationale pour les Energies Renouvelables. La France avait trahi l’Allemagne en votant pour que le siège d’IRENA soit positionné aux Etats Arabes Unis à Abou Dhabi, au lieu de soutenir la candidature de Bonn.


Le prix de cette trahison : un deal pour fourguer des EPR nucléaires et la direction générale de l’agence à une française en consolation. Hélène Pelosse, énarque ayant œuvré au cabinet de Borloo quand le Grenelle de l’Environnement était encore vert, avait hérité du poste…

14 mois plus tard, c’est la déroute totale pour la France. Non seulement la France n’a vendu aucunes centrales nucléaires - l’émirat pétrolier a préféré le made by Korean – mais en sus, Hélène Pelosse a du démissionner de la direction de l’IRENA. Selon elle – elle a donné une interview au Monde daté du 30 novembre - c’est directement le gouvernement d’Abou Dhabi qui aurait demandé sa tête, après avoir exercé de multiples pressions. La diplomatie française a démenti, bien entendu

 

 

Hélène Pelosse doit être fatiguée, éprouvée et bousculée par cet épisode, car dans son interview au Monde, elle oublie complètement le devoir de réserve qui sied habituellement à un haut fonctionnaire. L’impression que cette femme vient de découvrir que le monde n’est pas fait de bisounours bien élevés qui font ce qu’ils disent à la télé, alors que le conflit d’intérêts entre les énergies renouvelables et les énergies fossiles et fissiles est prégnant.

 

Aussi, Hélène Pelosse lâche tout : « si on avait voulu une IRENA qui fonctionne, il n’aurait pas fallu l’installer à Abou Dhabi. Il aurait au contraire fallu soutenir l’Allemagne qui était candidate, cela n’a pas été fait en dépit de la relation franco-allemande. Mais plusieurs pays redoutaient de voir émerger une institution efficace… Les Etats Unis, le Japon, l’Australie, dans une moindre mesure le Royaume Uni, ne veulent pas que l’IRENA fonctionne… Hélène Pelosse fait le bon diagnostic (le même que moi en 2009) : l’IRENA ne peut fonctionner dans sa configuration actuelle, alors que sur le plan financier, elle est dépendante de son premier contributeur : les Etats Arabes Unis, avec l’argent du pétrole. Hors, « les lobbies. Et d’abord celui des énergies fossiles. Le lobby du nucléaire n’est pas très favorables aux énergies nouvelles…».

 

CQFD : mettre dans les mains du lobby nucléaire et d’un émirat pétrolier, l’agence internationale sensée accélérer le développement des énergies renouvelables, seules alternatives aux fissiles et aux fossiles à court/moyen terme, était paradoxale, voué à l’échec. Une vraie connerie de la diplomatie de Sarkozy !

 

 

Pour succéder à Hélène Pelosse, le Kényan Adnan Amin sera officiellement désigné le 1er novembre. Gageons qu’il aura l’échine plus souple que la française. Ça ne rendra pas l’agence plus efficace. Le seul espoir réside dans le centre technologique de l’IRENA basé à Bonn (en compensation de ne pas abriter le siège de l’institution). Il n’y a que d’Allemagne, que puisse venir une force suffisamment puissante pour contre balancer la diplomatie pétrolière de l’Emirat, rétive au développement des énergies renouvelables. Là aussi, je suis en phase avec Hélène Pelosse. Les allemands ne devront pas trop compter sur la France, mais ils le savent déjà…

 

 

Tag(s) : #Environnement

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