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Je ne sais pas si Jean Noël Guérini avait un gros portefeuille boursier qui aurait fondu comme neige au soleil avec le décrochage estival des bourses mondiales, mais il est à parier que le patron du CG13 passe une fin d’été 2011 toute pourrie. La cause n’est pas à chercher dans ses bas de laine, mais se trouve dans l’enquête qui a prospéré sur les affaires judiciaires où son frère Alexandre est mouillé. France 3 Paca nous l’apprenait la semaine dernière, Jean Noël Guérini a reçu une convocation chez le juge Duchaine pour le 8 septembre. Le Canard Enchaîné daté du 24 août, revient sur une demi-page, sur ces affaires marseillaises qui vont voir le sénateur socialiste des Bouches du Rhône et patron du département, être mis en examen pour prise illégale d’intérêts, trafic d’influence et association de malfaiteurs. Ce dernier reproche est, selon l’hebdomadaire plumitif, une première pour un vice-président du Sénat.

 

Ce chef d’inculpation, particulièrement grave car il pointe l’accointance d’intérêts supposée entre la pègre et la famille Guérini, qui aurait mis le département au service de mafieux, vient d’une photo de famille. Toujours selon le Canard Enchaîné, on y voit monsieur frère Alexandre, avec le directeur de cabinet de Jean Noël au CG 13 Rémy Bargès, en compagnie de Bernard Barresi et de Patrick Boudemaghe tous deux membres du milieu marseillais. C’est Pierre Mignard, également sur cette photo et par ailleurs patron d’une société d’économie mixte financée à 95% par le CG13, qui a lâché le morceau aux pandores. Le jour où la photo a été prise, « ils négociaient la création d’une maison médicale à La Ciotat ». Alexandre, fondé de pouvoir occulte du patron du CG13, travaillait à l’intérêt de la famille Guérini avec des personnes trop peu recommandables. Ça va valoir à son frère une mise en examen digne d’un pire voyou.


Bien entendu, être mis en examen ne veut pas dire être coupable, il faut laisser le temps que la justice face son travail et acquitte le cas échéant. Mais le juge Duchaine aura pris son temps pour monter le dossier, et il n’aura pas convoqué comme prévenu JNG sans avoir du biscuit…

 

Mis en examen, comment Jean Noël Guérini va-t-il réagir ? Si l’on en croit ses déclarations passées, il est pour lui « hors de question de démissionner » de son poste de président du CG13. Pas avant d’être « renvoyé devant un tribunal » et pas « simplement » mis en examen. Dans cet état d’esprit, il pourrait même vouloir attendre une éventuelle condamnation et l’épuisement des voies de recours, pour se décider à abandonner le pouvoir. Ainsi, sauf si les électeurs le mettaient à la porte à l’occasion d’une fronde citoyenne, JNG pourrait rester longtemps à la barre du paquebot bleu (siège du CG13, ndlr).


Comment va réagir le PS ? Fera-t-il preuve d’un sursaut de courage politique, en demandant à son ressortissant marseillais en délicatesse avec la justice, de bien vouloir se mettre en retrait le temps que les choses soient éclaircies ? On peut toujours rêver. Car la fédération PS du 13 « pèse » 8700 bulletins de vote « disciplinés », du lourd pour influencer le résultat de la primaire socialiste. Il est probable que Martine Aubry, qui avait jusqu’à présent les faveurs d’une consigne de vote guériniste, ne veuille pas se mettre à dos le parrain du CG13. Le cas Guérini est un caillou qui fait mal dans la chaussure de Martine, et au-delà, dans tous les godillots socialistes. Car les pratiques pointées par le juge Charles Duchaine ne sont pas admissibles dans une démocratie irréprochable. Avec une primaire qui se veut être l’aube d’un scrutin présidentiel, bafouer ouvertement l’éthique en laissant l’étiquette PS à un président de département présumé délinquant lié à des intérêts mafieux, ça ferait très mauvais genre…

 

Le cas Guérini va sans nul doute polluer l’université d’été du PS à La Rochelle, qui commence ce 26 août. Et l’article du Canard Enchaîné ne va rien arranger. Car au-delà des histoires de collusion entre intérêts publics, privés et mafieux, le journal revient sur les pressions et entourloupes qu’a subit la justice pour étouffer l’affaire Guérini. Une pression organisée depuis Marseille avec des relais jusqu’à l’Elysée, qui a bien failli faire avorter l’enquête plus d’une fois. Il aura fallut l’obstination d’un juge et la mobilisation des gendarmes, pour que l’enquête ne finisse pas en eau de boudin. Un juge Duchaine, qui a cause de cette ténacité, fait l’objet de plusieurs menaces de mort…

 

Comme marseillais qui a le cœur et le bulletin de vote à gauche, je souhaite une rénovation complète de la démocratie locale. Que JNG demeure à sa place après sa mise en examen, sans réaction rue de Solférino, serait un signal écœurant envoyé aux démocrates comme moi. A suivre…

 

Tag(s) : #Marseille 2008 et au delà

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