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Après avoir été réinvesti de toutes ses prérogatives de président du Conseil Général des Bouches du Rhône par le tribunal administratif, et invité par le bureau national du PS à quitter la présidence du département, Jean Noël Guérini est passé à l’attaque, sur sa gauche et sur sa droite. A l’occasion d’une longue conférence de presse filmée par France 3, JN Guérini s’est montré offensif envers le PS, Muselier et l’UMP. Il a aussi lâché son frère.


La meilleure défense quand on est acculé, reste l’attaque. C’est ce que devait avoir en tête JN Guérini quand il a préparé sa conférence de presse, pour clamer qu’il est et restera président du CG13.

 

 

 

 

N’en déplaise aux instances parisiennes du parti, JNG a réclamé une présomption d’innocence pleine et entière pour le protéger et se maintenir dans la fonction. Pour parer la demande de démission en provenance de la Rue de Solférino à Paris, il a mis en avant les élus socialistes inquiétés par la justice qui continuent d’exercer leurs mandats, sans que le PS ne s’en émeuve. Bien entendu, JNG mélange tout les chefs d’inculpation, et a passé sous silence qu’il est le seul élu PS à être mis en examen pour « association de malfaiteurs ». Ce qu’il cherche en pointant les autres élus socialistes mis en examen, c’est l’amalgame. S’il doit démissionner, tous les autres « inquiétés » devraient de même. Sauf à ce que la jurisprudence « Guérini », soit une démission de la présidence d’un exécutif local suite à une mise en examen, ne s’applique qu’à partir de l’association de malfaiteur comme grief.

 

C’est malin car jamais le PS ne fixera un barème de gravité des mises en examen, alors qu’il garde des élus condamnés dans ses rangs. JNG utilise la faiblesse morale du PS pour résister à l’injonction. Deux fois malins, il a interpellé François Hollande, espéré futur gardien de la constitution, à faire respecter le droit à la présomption d’innocence. Aussi, il s’est retranché derrière son élection de conseiller général par le peuple, élus par 40 conseillers généraux à la tête du département pour dire « mer.. » à Martine, François, et aux autres camarades. Il veut rester aux manettes à Marseille jusqu’à la fin de son mandat, présumé innocent.

 

 

JNG est « sorti » du texte, mais pas de la comédie marseillaise, pour se dire victime de ses origines modestes. L’autodidacte s’est dit avoir été sali, lynché dans un procès d’illégitimité politique à cause de son origine sociale, tout juste s’il n’a pas chanté le couplet anti-corse… Il a surtout joué le naïf envers la conduite de son frère, prétendument innocent lui aussi, qui aurait profité de lui à l’insu de son plein gré, pour favoriser son ascension sociale. Le pauvre Jean Noël, pétri d’amour familial et chrétien, n’aurait pas vu, ni su qu’une ligne jaune aurait pu être franchie par son cadet. Il attend que la justice tranche pour tirer les conséquences déontologiques des prétendus agissements de son frère, alors que lui est blanc comme neige, immaculé et innocent. Rien à voir entre lui et son frère, et si ce dernier devait être condamné, il assumera…  

 

C’est le système (ump – médiatico-financier ?) qui aurait fait monter l’affaire « Guérini » dans les médias, pour servir de rideau de fumée face aux affaires d’Etats de Sarkozy... On utiliserait son frère pour le faire tomber au moment utile. Sauf une poignée d’élus socialistes locaux qui chercheraient à se faire un nom, JNG s’est dit fort de sa majorité, légitimement élue…

 

JNG a aussi sorti la sulfateuse contre Renaud Muselier, en ressortant l’histoire de sa machine à défiscalisation avec l’Ile Maurice, dont le Canard Enchaîné a déjà parlé (mon blog aussi). Pas question que l’élu UMP se fasse une virginité politique sur son dos. Ça va envoyer du bois ;-) mais aussi entrainer un sentiment de « tous pourris » L

 

A la fin de la conférence de presse (25 min), à l’occasion d’une question, Jean Noël Guérini est revenu sur le chef d’inculpation « d’association de malfaiteurs ». Pour lui, ce qu’il y a derrière cela, c’est du « clientélisme ». Un clientélisme qui ravagerait tous les exécutifs locaux de France, qui donneraient des logements et des emplois par « clientélisme » là-bas comme à Marseille.  Pour lui, le « clientélisme » qui lui est reproché est une escroquerie intellectuelle, tellement cette pratique serait répandue. Pas pour électoralisme, juré promis craché, juste pour lutter contre la pauvreté et venir en aide au bon peuple… Cette ligne de défense me semble hallucinante, alors que ce clientélisme marseillais gangrène l’efficacité des services publiques et la dynamique économique.  

 

 

L’attaque de JNG est un bon coup, qui met en échec le PS et enfonce un coin dans la probité de Muselier. Toutefois, comme marseillais de gauche, je ne suis pas convaincu. Le PS ne fait pas un si mauvais sort à JNG, car s’il demande qu’il se démette volontairement de la présidence du CG, le PS compte par ailleurs et hypocritement sur JNG au Sénat, où il fait pleinement parti de la majorité. Il n’est pas question de lui demander de se mettre en congé de son mandat de sénateur.

 

Ce n’est pas s’accuser coupable que de démissionner de la présidence du CG13, mais au contraire faire preuve d’humilité et d'éthique républicaine en redevenant conseiller général de base.


 

Avouons que l’exigence démocratique est ultra minimale en demandant seulement que Jean Noël Guérini démissionne de la présidence du CG13, tout en restant conseiller général et sénateur. Dans d’autres pays européens aux exigences plus ténues, il aurait du se mettre en congé de tous ses mandats, le temps que justice passe

 

 

Tag(s) : #Marseille 2008 et au delà

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