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Découverte via le blog electron-economy.org, une vidéo de Jérémy Rifkin qui répond au chef de l’atom’cratie française, Nicols Sarkozy, pour expliquer pourquoi le modèle de production centralisée d’électricité via le nucléaire est daté/périmé.


Jérémy Rifkin intervient ici comme président de la fondation pour les tendances économiques, qui regroupe 120 grandes entreprises multinationales de tous les secteurs. Il argumente en plusieurs points sur la fin du nucléaire :

  •  Aujourd’hui, 443 vieux réacteurs nucléaires dans le monde fournissent 6% de la consommation d’énergie mondiale. Pour peser sur le climat et lutter contre l’effet de serre, il faudrait que le nucléaire contribue à hauteur de 20% de la consommation, soit renouveler le parc existant et construire un millier de réacteurs supplémentaires en 25 ans. Après Fukushima, qui peut prétendre rationnellement mettre en chantier 6 réacteurs nucléaires par mois pour le ¼ de siècle à venir ? En deçà de cette jauge, le nucléaire deviendrait un contributeur marginal contre le changement climatique, avec des risques incommensurables et le problème des déchets toujours insoluble ;
  •  Plus d’un demi-siècle après le début de l’industrie nucléaire civile, la solution au problème des déchets est toujours recherchée, malgré les milliards investis et les engagements pris par l’atom’cratie. Le problème se pose pour les 10 000 à 100 000 prochaines années, sans le début d’une once de solution à mettre en œuvre ;
  •  Le déficit d’uranium entre 2025 et 2035 pronostiqué par Agence Internationale de l’Energie, obligerait à passer à un combustible fait de plutonium (encore plus dangereux). En outre, ce déficit va introduire des tensions inflationnistes sur le combustible des centrales et générer des problèmes géopolitiques. La banalisation du combustible à base de plutonium est une pure folie à l’heure du terrorisme ;
  •  Le problème hydraulique pose un problème systémique au refroidissement des centrales et limite leur dissémination au niveau mondial. 

Jérémy Rifkin conclut sa démonstration en ringardisant le secteur nucléaire, comme « le reflet d'une pensée du XXième siècle centralisée ». Il file l’analogie avec de vieux modèles qui ont touché leurs limites avec la décentralisation digitale. L'industrie musicalequi s’est effondrée en 5 ans, face au partage de fichiers musicaux. Les journaux qui ont du intégrer l’information issue de la blogosphère qu’ils ne comprenaient pas, pour se réinventer. L'encyclopédie Wikipédia qui a recomposé le modèle économique des savoirs. Linux qui a bousculé Microsoft, avec des milliers de personnes collaboratives volontaires qui produisent des outils logiciels gratuits… La production d’électricité semble inexorablement vouée à la décentralisation, avec « des millions et des millions de bâtiments qui collectent leur propre énergie, la stockent et la partagent (…), cela écrase les énergies centralisées comme le nucléaire ».

 

Cette parole des Jérémy Rifkin est importante à recevoir en France. L’homme n’est pas connu pour être un ayatollah khmer vert moyenâgeux qui voudrait renvoyer la civilisation moderne dans des cavernes. C’est un prospectiviste qui va heurter les bonnes âmes de l’atom’cratie française, baignées dans leur certitude qui a pris la forme d’un dogme. Bienvenue cette voix qui vient briser le dogme.

 

 

 

 

 

Tag(s) : #France atom’cratique

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