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JF Copé est l’archétype de l’homme politique français, intelligent et arrogant, qui veut faire la leçon à ses camarades européens. Ainsi, sur la politique énergétique européenne, JF Copé a publié deux tribunes sur le site d’information Slate.

La 1er résolument pro nucléaire, où il appelle les autres pays de l’Union Européenne à « réévaluer leur position à l'égard du nucléaire ». Même si son papier propose par ailleurs des pistes intéressantes (sécurisation des approvisionnements énergétiques de l'UE avec la création d’une centrale européenne d'achat du gaz, mise en place une Autorité européenne de l'Energie, …), ce chiffon rouge du nucléaire le rend inaudible pour beaucoup de partenaires européens.

D’autant que son papier est vide de propositions pour accélérer le développement de la maîtrise de l’énergie et des énergies renouvelables. JF Copé ne dit rien, ne propose rien, sur le grand défi que représente l’application la Directive 3x20% 2020.

A l’heure où l’Europe nous impose d’inventer une nouvelle ère énergétique, de verdir et décentraliser notre production d’énergie, JFC plaide pour  la constitution de champions énergétiques européens. Il veut concentrer le secteur et favoriser l'émergence de conglomérats européens dans le domaine. Son appel à une politique énergétique européenne, que je partage, est mon sens trop dégoulinant de franchouillardise (pro nucléaire, pro EDF, …) pour être entendu.  

 

Sa 2nd tribune répond à Sandrine Bélier, eurodéputée d’Europe Ecologie qui l’avait épinglé pour son apologie du nucléaire à côté de la plaque pour l’Europe. JF Copé, piqué au vif, persiste et signe dans la défense du nucléaire. Avec son prisme de pensées atom’cratiques, il n’imagine pas le futur énergétique européen sans relance du nucléaire. JFC propagateur du mythe des bienfaits de l’électricité atomique, passe sous silence que le choix nucléaire français nous a détourné d’investir dans les énergies renouvelables pendant 20 ans.

Bien entendu, pour être dans l’air du temps, JFC est favorable aux énergies renouvelables. Son ouverture à celles-ci en fin de tribune, relève du pâté d'alouette avec un cheval de nucléaire pour une petite alouette d'énergie renouvelable. Il traduit en cela l’impréparation - l’incapacité ? - de notre classe politique française, à penser la décentralisation et le verdissement énergétique. C’est tellement plus simple, de tapisser la campagne d’usines à nuages déchets/dangers radioactifs, alors que c’est très complexe, la décentralisation énergétique efficace…

Avec son prisme atom’cratique, JFC est incapable d’appréhender que le nucléaire repose sur une ressource limitée et importée - l'uranium – et qu’il n'apporte aucune solution durable à la crise énergétique et climatique, tout en présentant des risques inacceptables et une accumulation sans cesse croissante de déchets ingérables. Le nucléaire est une technologie de transition. Quoi qu’il en coûte à l’orgueil national, il faut comprendre que le futur énergétique de l’Europe - et donc de la France - passe par l’efficacité et la sobriété énergétique, avec une part toujours croissante d’énergie renouvelable. La Directive 20 % 2020 sera difficile à appliquer, il est temps de se retrousser les manches et que notre classe politique fasse son aggiornamento en matière de politique énergétique.


Pour rassurer JFC, cela ne veut pas dire que la France va sortir du jour au lendemain du nucléaire. Simplement, les énergies renouvelables ont bien plus de potentiel, et il faut massivement y investir des moyens et de l’intelligence. L’énergie verte est le choix de l’Europe, le nucléaire demeure un choix national. Ne perdons donc pas notre temps à nous affronter sur la place du nucléaire en Europe, quand l’urgence est d’unir nos efforts pour réussir le challenge de l’énergie verte.

 

Tag(s) : #Europe

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