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Jigar ShahJigar Shah est un trentenaire solaire à « l'american successful story », qu’il faut suivre. Après avoir « révolutionné » le business du solaire aux USA à seulement 29 ans, en créant Sun Edison en 20004, la première compagnie d’électricité solaire d’outre atlantique, il est un acteur de la cause environnementale qui continue d’œuvrer efficacement. Patron de la Carbon War Room, il intervenait récemment lors d’un symposium sur la qualité (vs compétitivité & durabilité), à l’intention de l’industrie solaire organisé par Camstar (Summit on Solar Quality, 30 juin, Santa Clara, Californie).  

 


Le canal solaire du site d’info Greentech publie à cette occasion une interview de Jigar Shah : « L’industrie solaire maîtrise sa propre destinée ». Cette interview, en anglais, d’un des visionnaires du secteur, est intéressante pour faire de la prospective en Europe et en France. Elle aborde de nombreux sujets, appelle à la maturité les industriels du secteur, pour s’organiser face à un marché qui aura une croissance à deux chiffres pour les vingt prochaines années.

Dans la vision de Jigar Shah, des pays comme le Nigeria, l’Uganda, le Kenya et l’Afrique du Sud, avec le support de la banque mondiale, de l’organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et du secteur bancaire, sont prêts à installer des capacités massives d’installations de production d’électivité solaire. Mais ils sont freinés par le manque de compétences et d’expertise au niveau national.

Pour Jigar Shah, l’industrie solaire ne peut être que globale. Les acteurs doivent sortir d’une vision où elle serait dépendante des subventions et du prix du silicium. Elle doit abandonner sa timidité, car « nous sommes en train d’aller vers un marché de 100 000 mégawatts (100 GW) » clame-t-il.


L’intervention de Shah au symposium a souligné combien les problèmes de qualité affectent les décisions et les prix dans l’industrie solaire. Ce que greentech solar en retient :

  • Le déploiement des technologies DC-DC (puce électronique placée entre les modules et l’onduleur) est irréversible. Une bonne nouvelle pour des sociétés comme Solar Edge, Tigo Energy, eIQ …, qui vont intégrer leurs applications dans les modules pour améliorer la performance des installations. Cela permettra en outre de pouvoir échanger des panneaux de marques différentes.
  • L’industrie solaire doit s’organiser. S’il y a des manques conjoncturels dans la chaîne d'approvisionnement globale, c’est parce que l’industrie ne planifie pas au-delà de deux à trois trimestres à l’avance.
  • On ne peut être crédible pour assumer une croissance à deux chiffres, en continuant de faire comme actuellement. Il est recommandé aux fabricants d'adopter plus d'automatisation dans leur production.
  • On espère atteindre 20% de pénétration de solaire dans le mix électrique américain, sans stockage chimique.
  • Le goulot d’étranglement du marché ne sera plus les technologies solaires qui deviennent compétitives, mais la mise en œuvre et le financement.

 

 Jigar Shah exprime là, une vision lucide, optimiste et exigeante pour l’industrie solaire, qui va véritablement changer d’échelle. C’est à la fois une source d’opportunités pour des start-up et des PME, mais ça veut dire aussi des usines plus grandes, plus robotisées, sous assurance qualité dans le cadre d’une standardisation internationale. La vision de Shah porte sa part d’intégration et de concentration de la production industrielle des cellules et des modules. Passer d’un marché de 10 GW à 100 GW en une décennie, va changer la donne et primer la qualité autant que le coût. De quoi interroger chacun dans le secteur, sur comment affronter ce triple défi…

 

 

Tag(s) : #Solar Buzz

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