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atomkraft-nein-danke

Hier, samedi 26 mars, plus de deux cent mille allemands ont manifesté dans les quatre plus grandes villes d'Allemagne, pour réclamer que le pays abandonne immédiatement l'énergie nucléaire. Il s'agit de la plus importante manifestation anti-nucléaire jamais organisée selon les organisateurs. Avec plus de cent mille personnes à Berlin, quarante mille à Hambourg, trente mille à Munich et quarante mille à Cologne, les anti-nucléaires ont fait une démonstration de force populaire.


 

Le moratoire sur la prolongation de la durée de vie des vieilles centrales nucléaires allemandes, décidé par Angela Merkel, ne suffit pas pour les manifestants. Pas plus que la fermeture provisoire de sept des plus vieux réacteurs du pays, en attendant le résultat d'audits de sécurité. Aux cris de « Fukushima, Tchernobyl, trop c'est trop ! », et de « Fermez-les », les manifestants ont demandé avec vigueur la fermeture définitive des dix sept réacteurs du pays.

 

Après la catastrophe de Fukushima, il est plus que probable que l’Allemagne sorte du nucl éaire à moyen terme. Les députés, en résonance avec la population, sont de plus en plus nombreux à réclamer la fermeture des réacteurs avant 2020. La coalition fédérale rose-verte, avait décidé une sortie pour 2021 au début du siècle. Décision remise en cause par les conservateurs l’année dernière, qui voulaient donner du temps au temps, en prolongeant de douze ans l'exploitation des vieilles centrales. Si le moratoire suspend cet allongement, il va sans doute se transformer en plan de sortie accélérée. Mercredi, lors d'une conférence financière à Francfort, la chancelière a d’ailleurs annoncé la couleur : « Plus tôt l'Allemagne sortira du nucléaire, mieux ce sera », a déclaré Angela Merkel.


En Allemagne, le nucléaire est une question très sensible au niveau politique, tant les allemands y sont opposés et l’atom’cratie moins forte qu’en France. Ainsi, pour une démocratie réelle en matière de nucléaire, le gouvernement de Mme Merkel a annoncé la création de deux commissions. L’une composée de représentants de la société civile allemande, abordera l'aspect éthique et sociétal de la prise de risque nucléaire. L’autre, plus technique en relation avec le ministère de l'Environnement, réévaluera les critères de sécurité à appli quer aux centrales allemandes. Ce type de démocratie réelle est-il transférable en France pour lever le coin du voile qui confine au secret les questions du nucléaire imposé ?

 

Ce n’est pas tant la rue qui va décider du sort du nucléaire allemand, mais les urnes. Ce dimanche, plus de dix millions d’électeurs sont appelés à renouveler leur gouvernement régional,  dans le Bade Wurtemberg et en Rhénanie-Palatinat. Déjà sur une bonne dynamique avant le 11/03/11, où les Grünen devançaient les sociaux-démocrates et les conservateurs dans le Bade Wurtemberg dans les sondages, la catastrophe japonaise a transformé l’élection au Bade Wurtemberg en référendum impromptu sur la sortie du nucléaire. Dans une région qui abrite quatre réacteurs, où les chrétiens-démocrates (CDU) sont au pouvoir depuis l’après guerre, une victoire large des Verts serait un réel camouflet pour la politique énergétique du gouvernement de Mme Merkel.


Résultats ce soi r ;-) Ils ne seront pas sans conséquences pour la politique énergétique européenne, où l’Allemagne va plus que jamais, jouer un rôle de locomotive industrielle pour développer l’efficacité énergétique et les énergies renouvelables. Si pour Merkel, l’énergie nucléaire est une énergie de transition, le verdissement du Bade Wurtemberg accélérerait la transition ;-))).

 

 

P.S. si ce mouvement traversait le Rhin, l’atom’cratie française pourrait s’inquiéter…

 

Tag(s) : #France atom’cratique

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