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Préparé par De Gaulle, à la suite de l’engagement du programme nucléaire militaire en 1958, le programme électronucléaire français a véritablement débuté dans les années 1973/74. Engagé avant la mort de Pompidou par Messmer, le premier programme électronucléaire français n’est jamais passé devant le Parlement pour engager nos sept premiers réacteurs atomiques. La décision prise avant le décès de Pompidou déjà malade, par son Premier ministre Messner, fut entérinée en commission interministérielle par le nouveau gouvernement Giscard, sans passer par la case démocratie parlement.


« L’indépendance énergétique », un tel mythe politique français date de cette époque de choc pétrolier, où la France avançait vers l’émancipation de l’or noir... Toutefois, en 2011, la France n’a toujours pas annexé le Niger et l’indépendance atomique résulte du mythe national, car nous importons tout notre minerai !!! La dépendance pétrolière et gazière n’est guère différente de la dépendance des ressources d’uranium pour nourrir nos centrales nucléaires, seuls les pays changent…


 

Parmi les 110 propositions du candidat Mitterrand, deux concerneront le nucléaire. Ainsi la 38ème : « L’approvisionnement énergétique du pays sera diversifié. Le programme nucléaire sera limité aux centrales en cours de construction, en attendant que le pays, réellement informé, puisse se prononcer par référendum...  » et la 40ème : « Une loi cadre, garantira le contrôle des citoyens et des élus sur toutes les décisions, et notamment les questions de sécurité touchant au nucléaire… ». Mitterrand en campagne, fit même la promesse d’annuler le projet de centrale nucléaire à Plogoff, qu’il tiendra.


Toutefois, une fois élu, Mitterrand chargea son ministre Paul Quilès d’organiser le débat au Parlement sur le déploiement d’un nouveau programme électronucléaire français, en octobre 2001. Un programme qui passera à l’article 49.3 de l’Assemblée Nationale, au nom de la croissance économique promue par Pierre Mauroy, premier ministre de l’époque, contre sa majorité fraîchement élue. Ainsi, la France se retrouvera avec 58 réacteurs nucléaires, largement plus que de raison pour assurer la base des besoins. L’on dut en inventer d’autres,  en créer de nouveaux pour consommer le surplus d'électricité atomique tel que le chauffage électrique, unique au monde pour disperser par effet joule tout le génie français d’EDF/COGEMA réunis... Au autant dire que 1981 fut un déni de démocratie énergétique, Mitterrand prolongeant le choix stratégique du gaullisme concrétisé par Pompidou… Nous fêterons ce 30ème anniversaire d’atom’cratie en octobre prochain.

 

En avril 1986, le discours officiel était que le nuage de Tchernobyl était contenu au-delà des frontières. En mai, la frontière était devenue poreuse mais sans conséquences pour la santé publique…  

 

 

Ne pas rendre compte, circuler il n’y a rien à voir, trop sérieux/complexe pour la démocratie… La culture du secret, héritée du passé militaire du nucléaire, nimbe la démocratisation du nucléaire civil, en France plus qu’ailleurs...

 

La décision de Nicolas Sarkozy de construire un nouveau réacteur nucléaire, l’EPR de Flamanville, n’est pas d’avantage passée devant le parlement. Pas plus que le 2nd réacteur EPR projeté à Penly. Le projet de réacteur ATMEA ne fait pas d’avantage l’objet de discussions démocratiques…

 

 

Depuis toujours et jusqu’à présent, le débat démocratique sur le nucléaire a été évincé/confisqué en France. Il faut la triste catastrophe du Japon en ce printemps 2011, pour signifier que le risque nucléaire qui menace le vivre ensemble, mérite d’être débattu sur la place publique. Il aura fallut la catastrophe japonaise pour entamer un peu de l’arrogance atom’cratique française…

 

Tag(s) : #France atom’cratique

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