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Patomkraft-nein-dankelus c'est gros, plus ça passe. Pour défendre la filière électro-nucléaire, Henri Proglio, PDG d’EDF et chef de l’atomcratie, n’hésite pas à mentir grossièrement en affirmant que l’arrêt du nucléaire en France supprimerait 1 millions d’emplois. C’est dans le Parisien, lors d’un entretien, où Proglio répond à une question sur les conséquences d’une décision politique qui ferait sortir la France du nucléaire :


"Je vous donne ma conviction, ensuite à chacun de se faire une opinion. D’abord, cela augmenterait probablement de 50% les émissions de gaz à effet de serre à cause de l’utilisation du charbon, du gaz et du pétrole pour remplacer le nucléaire. C’est ce que fait l’Allemgagne. En France, cela impliquerait aussi un investissement de 400 milliards d’euros pour remplacer le parc existant par des moyens de production alternatifs, ce qui se traduirait par un doublement de la facture d’électricité. J’ajoute qu’une telle décision menacerait 400.000 emplois directs et indirects de la filière nucléaire, 500.000 emplois dans les entreprises actuellement localisées en France et très gourmandes en énergie, comme l’aluminium, qui risquerait de partir à l’étranger. Il faut y ajouter 100.000 emplois futurs provenant du développement du nucléaire mondial à partir de la France. Au total, 1 million d’emplois seraient mis en  péril et cela coûterait entre 0,5 et 1 point de PIB"

 

 

Alerte au chômage, 1 million d’emplois perdus si François Hollande écoutait et cédait à ces jusqu’auboutistes d’écologistes ! C’est la grosse ficelle qu’utilise l’atomcratie pour faire sa propagande. Soit Henri Proglio est nul en mathématique et ignorant de la statistique, soit il se fiche des français. Le nombre d’emplois directs et indirects de la filière électronucléaire française est officiellement évalué à environ 120 0001 emplois directs et indirects.Cette évaluation n’est pas le fruit d’ayatollah-verts, mais de deux députés acquis aux intérêts de l’atome, Christian Bataille et Robert Galley dans un rapport publié par l’assemblée nationale.


Donc, 120 000 emplois réels et pour partie subventionnés, gonflés à 400 000, auxquels on a joute les emplois du secteur électro-intensifs – 500 000 – plus une louche d’hypothétiques futurs nouveaux emplois - 100 000 – issus du nuc made in France à l’export – ce qui doubleraient pratiquement le poids des emplois directs et indirects réels d’aujourd’hui - et l’on arrive à 1 million. Bigre, c’est une sacrée calculette dopée à la pensée magique qu’utilise Proglio, pour transformer 120 000 emplois en 1 million !!!

 

Notons que le nucléaire à l'exportation « pèserait » autant en emplois que le développement de photovoltaïque en France d'ici à 2020 : 100.000 emplois. Sachant que l’on exporte notre EPR à perte et que les clients du nucléaire ne se bouscule pas, mieux vaudrait prendre les 100 000 emplois solaires tant ceux du nuc made in France sont incertains et de tout façon largement surévalués :).

 

 

L’atomcratie, adepte de la pensée magique, de l’espionnage et de la corruption politique du lobby offensif, est fâchée avec la réalité des mathématiques. Pas seulement pour les emplois, mais aussi avec la question de son coût. A lire, l’article du Monde daté du 9 novembre « L'impossible chiffrage du coût de l'après-nucléaire », extrait d'un hors-série du Monde à venir, "Nucléaire : la situation après Fukushima - l'exception française - la transition énerg étique", qui sera disponible le 24 novembre. 

 

Si le coût de sortie du nucléaire semble être un exercice prospectiviste particulièrement complexe, le chiffrage du maintien dans l’électro-nucléaire est lui très incertain et largement sous-évalué. Ainsi, Le Monde écrit que « l'inventaire des "réajustements" du coût réel de l'atome français donne en effet le vertige. Dans un sens (coût de son prolongement) comme dans l'autre (coût de son arrêt). »

Alors que la France, pays le plus nucléarisé du Monde, devrait connaître un débat politique sur ses choix énergétiques, on sait que l'on ne sait rien sur le coût du nucléaire, de son prolongement comme de son démantèlement !!! Et de cette ignorance faramineuse, notre élite atomcratique est capable d'en déduire un prix du kWh, le plus compétitif d’Europe. Cela pour tenter de convaincre qu’il ne faut surtout pas sortir du nucléaire, quoi qu’il en coûte. C'est un tour de pensée magique, ne soyons pas dupes !!! 

 

Avec des mensonges aussi gros, avec une telle opacité, comme les français peuvent ils exercer leur droit à décider, librement éclairés ? Faut-il que l'atomcratie ait si peur de la démocratie, pour quelle devienne grossièrement non crédible pour fausser le débat public ?


Tag(s) : #France atom’cratique

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