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L'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) avait diligenté un audit des installations nucléaires françaises, pour tenter de prendre en compte les premières leçons de l’accident nucléaire de Fukushima. L’ASN a remis son rapport dans les premiers jours de 2012, et si le gendarme de l'atome n'a pas imposé de fermeture immédiate de centrales nucléaires, il a prescrit des exigences de sécurité pour « augmenter dans les meilleurs délais, au-delà des marges de sûreté dont elles disposent déjà, leur robustesse face à des situations extrêmes ».


Le journal Les Echos analyse sous l’angle économique l’ordonnance de l’ASN, dont les prescriptions « correspondent à des travaux et des investissements tout à fait massifs » selon son président André-Claude Lacoste. De 10 à 15 milliards d'euros à engager sur dix ans, selon que l’on écoute EDF l’exploitant des centrales qui veut minimiser les dépenses, ou des experts plus indépendants. Selon le ministre de l'Energie, Eric Besson, qui doit tenir ce chiffre d’EDF, le coût de ces « mesures ASN post-Fukushima » représentera « moins de 2 % d'augmentation des factures d'électricité » par an. 

 

+2%/an sur la facture d’électricité, juste pour tenter de se prémunir d’avantage vis-à-vis de situations extrêmes, c’est à ajouter à l’augmentation du prix de l’électricité pour investir dans l’allongement de la durée de vie du parc nucléaire existant, qu’EDF veut faire passer de 40 à 60 ans en y investissant 40 à 50 milliards. La facture électrique va flamber dans les prochaines années, pour financer pratiquement un milliard d’euros par réacteur nucléaire… Rester dans le nucléaire, sans compter le coût de gestion des déchets et de démantèlement des centrales, sans se prémunir totalement d’une catastrophe ni en assurer les dommages, va faire grimper la facture de 5 à 6% par an. Pour commencer…   

 

 

A noter que l’office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST), a pondu un rapport en décembre dernier, sur l’avenir de la filière nucléaire en France, qui préconise d’investir dans une trentaine d’EPR d’ici 2050, pour remplacer nos vieilles centrales dont EDF refait le lifting  pour vingt ans (ou moins). J’y reviendrai dans un prochain billet, mais je pense que l’OPECST mise secrètement sur l’augmentation du prix de l’électricité pour que l’EPR devienne compétitif d’ici 20 ans .

 

 

Et sinon, Claude Guéant a dégainé de nouvelles mesures sécuritaires, pour tenir compte de l’opération intrusion de Greenpeace début décembre. Avec le président d’EDF, Henri Proglio, le ministre de l’intérieur a annoncé à Chinon des pistolets taser, des caméras, des chiens… Avec un renforcement de la coopération entre le gendarmerie et EDF, qui prévoit notamment d'augmenter les effectifs des militaires qui assurent la sécurité des centrales. Ils sont 740 gendarmes regroupés dans des pelotons spéciaux de protection (PSPG) présents vingt-quatre heures sur vingt-quatre pour intervenir sur les dix-neuf centrales nucléaires françaises. Augmenter le nombre de militaires dédiés, c’est plus de charges pour nos impôts. EDF, qui ne supporte pas ces dépenses, devra toutefois investir dans la sécurisation de 150 km d’enceinte des sites, ça au frais des consommateurs…  

 

Et pour mieux lutter contre les activistes pacifistes d’associations militants contre le nucléaire, Guéant pense à augmenter les peines et amendes, contre l’intrusion sur un site nucléaire. Ça ne fera pas peur aux terroristes, mais au moins, ça enquiquinera les activistes pacifistes, sans peser sur le prix de l’électricité nucléaire . 

Tag(s) : #France atom’cratique

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