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Je n’étais pas à l’inauguration du salon des énergies renouvelables, mercredi 16 juin dernier à Paris. Mais si j’en crois le blog de Tecsol/Plein Soleil, Jean Louis Borloo aurait quelque peu douché l’optimisme du secteur. A cette occasion, le ministre du MEEDM a prononcé un discours qui n’a pas suscité l’enthousiasme, c’est un euphémisme.

Jean-Louis Borloo a laissé planer le doute en estimant que la croissance des énergies propres ne se faisait pas sans « difficultés même si évidemment, on va maintenir le cap »… « Par exemple, on ne peut pas avoir un département qui ait quatre fois sa consommation en énergie strictement renouvelable intermittente, parce qu'on a des problèmes de gestion de flux d'électricité », a-t-il indiqué. Et d'enfoncer le clou sur un mode plus politique : « On ne peut pas être simplement et durablement installateur et importateur d'éoliennes ou de panneaux photovoltaïques. Il y a un risque de divorce avec la société si les professionnels ne soutiennent pas les filières de production française », a prévenu le ministre.


L’éolien au pilori de la loi Grenelle 2, le risque de saturation en électricité verte des territoires les plus vertueux, le photovoltaïque accusé d’impacter négativement la balance commerciale française et le pouvoir d’achat des français, …, le ministre est venu siffler la fin des réjouissances vertes.

Sur le fond, Borloo a des arguments qui plaident en sa faveur. Mais plutôt que l’harangue publique en guise de prévenance d’un retournement politique, mieux vaudrait convoquer au ministère le patron d’EdF EN et de Gdf-Suez pour impulser une véritable dynamique industrielle colbertiste. Mieux encore, ouvrir un dialogue gagnant-gagnant avec le secteur en favorisant les PMI françaises et la collaboration européenne serait opportun. Pour le reste, la France paye 15 ans d’immobilisme – pour ne pas dire de politique contre-productive, qui ont sclérosé/atrophié le secteur de l’industrie énergie renouvelable française. La politique du tout nucléaire a étouffé dans l’œuf un secteur où la France était pourtant pionnière. Ce n’est pas en trois ans que l’on élève des champions industriels EnR de rang mondial. Surtout qu’aujourd’hui, les filiales/branches EnR des anciennes sociétés publiques, se conduisent en société de profits à court terme, qui profitent de la mondialisation du sourcing pour maximiser leurs marges, plutôt que d’investir dans une réelle politique industrielle.

Il ne faudrait pas que ces annonces de JL Borloo, remettent en cause l’objectif contraignant de 23% d’énergie renouvelable d’ici 2020, et la dynamique qu’il suscite. Il faut avoir conscience de nos retards dus à l’atom’cratie, reconnaitre que la politique du go and stop n’est pas fertile pour l’industrie, qu’elle fragilise l’écosystème des PME-PMI… La France est de plain-pied dans la mondialisation des clean-tech, et la mise en place de barrières supplémentaires ne fera qu’handicaper la croissance d’un secteur industriel national. Aussi, il faut compter sur les composants que deviennent des commodités dans l’écriture de notre politique industrielle du photovoltaïque, une industrie qui n’en n’est qu’à ses balbutiements au niveau mondial. Se rassurer en se disant que l’industrie française du solaire thermique est exportatrice net. Il faut bien analyser la chaîne de valeur, alors que le coût de conception/réalisation/maintenance atteindra les 50 % du kWh solaire, soit 50 % de valeur non délocalisable.

Nous devons être conséquents vis-à-vis de nos obligations et des enjeux en la matière. C’est d’une ambition politique à toute épreuve, pour porter une politique ferme et fertile, dont nous avons besoin. Et non des états d’âme d’un ministre qui prépare les esprits aux renoncements à venir.

 

Tag(s) : #Environnement

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