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« Quand je me regarde je me désole, quand je me compare je me console ». Ce dicton est pour introduire la situation espagnole du photovoltaïque, où de très rudes décisions ont été prises en fin d’année. Cela ne consolera certainement pas la filière du PV française, mais la filière espagnole est à la peine.


Deux lois, le “Royal Decree 1565/2010 et le Royal Decreee Law 14/2010” introduisent des mesures rétroactives qui limitent le nombre d’heures en opération pour les installations photovoltaïques passées et futures. Pour les installations réalisées avant octobre 2008 (90% du parc), en addition, une limite plus drastique est introduite pour les trois prochaines années sur le nombre d’heures prises en compte dans le tarif d’achat. Accessoirement, ces mesures touchent les modalités de fin de contrat (d’ici 2033).

 

Ces nouvelles disposition vont mécaniquement réduire les revenus des installations déjà financées et productrices, d’environ 30%. De quoi destabiliser le secteur et ruiner nombre de petits opérateurs. L’effet de cette réduction du temps de production à tarif bonifié, n’aura pas la même influence au Nord qu’au Sud, plus durement touché car plus solaro-intensif.

 

 

Cet artifice législatif ibérique, ronp la confiance légitime des investisseurs dans le secteur solaire en Espagne. Bien entendu, c’est la crise économique au Sud de l’Europe, mais revenir sur la signature contractuelle d’un Etat est un mauvais coup porté aux entrepreneurs du solaire. Ce précédent espagnol, qui suit le précédent tchèque où la fiscalité a été fortement alourdie sur les revenus de l’électricité solaire (prélèvement de 26%), demontre un retournement de tendance préjudiciable aux investissements d’avenir pour l’Europe. Ce n’est point tant l’infléchissement d’une politique de transition énergétique d’un Etat membre qui est blâmable, que le signal envoyé. La parole verte et la signature étatique pèsent peu face à la crise...  

 

 

Ce cas d’école espagnol doit être un aiguillon pour le secteur photovoltaïque européen. Le système allemand de tarifs d’achat garantis a fait long feu comme modèle communautaire. L’investissement de l’Allemagne – plus grand marché mondial du photovoltaïque avec une industrie leader technologique - n’est pas à la portée de toutes les bourses. Sans jeter le bébé avec l’eau du bain, il faut ”inventer” de nouvelles mesures de soutien. Celles-ci pourraient passer par des contraintes sur les compagnies d’électricité, à l’instar du système américain...

 

Ne manquons pas de créativité pour imaginer les chemins possibles vers la paritié réseau, c’est à dire vers la compétitivité de l’électricité solaire, qui est pour demain. D’autant que cette heure arrivera en Espagne avant de sonner à Paris.

 

Tag(s) : #Solar Buzz

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