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Samedi 25 février 6 25 /02 /Fév 14:26

Les billets du journaliste Matthieu Auzanneau  sur son blog « oil man » publiés sur Le Monde.fr sont bigrement pertinents pour suivre l’actualité énergétique avec un tropisme « pic pétrolier » revendiqué. Je rebondis sur son dernier article à propos du rapport énergie 2050 remis à Besson, pour appeler à ce qu’Hollande se saisisse du sujet « pic pétrolier ». On ne peut aborder l’énergie dans la campagne présidentielle, par la seule entrée « nucléaire » alors que l’entrée dans l’ère post-peak oil est un choc systémique quasi-certain dont seule la date reste incertaine. Un choc systémique qui pourrait survenir durant le prochain mandat.

 

 

Le dernier article de MA sur le rapport énergie 2050 remis à Eric Besson à la mi-février 2012, est une perle qui démontre que le tropisme atomcratique du gouvernement et de l’administration nous fait passer à côté d’enjeux stratégiques essentiels.  « Alors que ce rapport commandé par Eric Besson n’avait qu’une seule fonction, politique : défendre le nucléaire » selon un haut fonctionnaire cité par MA, le rapport visionnaire à 40 ans passe littéralement à côté du pic pétrolier, en enjeu de court/moyen terme.

Un problème le peak oil ? La question est expédiée en deux phrases dans le rapport remis à Besson. C’est un non problème pour les serviteurs de l’atome civil qui ont tenu la plume, et qui ont peur des engagements de Hollande de faire baisser progressivement la part du nucléaire dans le mix électrique français. Pour eux, l’heure est à retarder l’émergence vigoureuse des énergies renouvelables électriques pour empêcher leur avènement à long terme. Ils protègent leur grisbi, militent pour des décisions qui nous enferment dans le maxi-nucléaire. L’atomcratie reine en France défend son hégémonie… Pour cela, elle explique que sortir du nucléaire est possible à moyen terme, mais extrêmement coûteux pour justifier le maintien à un haut niveau de part nucléaire dans le mix électrique (et des investissements publics corollaires).

Jean-Marc Jancovici, consultant qui roule pour l’atomcratie et qui nous alerte sur la survenue du pic pétrolier depuis des années ne comprend pas la myopie du rapport sur ce sujet. C’est pour lui « grave lacune »

Une défense « blindée » du nucléaire civile, deux phrases pour expédier le non problème du pic pétrolier et une réhabilitation en douce les « gaz de schiste à la française », voilà une hyper-synthèse du rapport énergie 2050. Ce dernier pointe la dépendance européenne au gaz russe qui s’accroit, pour légitimer « que l'on porte une attention particulière aux hydrocarbures conventionnels ou non ».

 

Le pétrole dans la campagne électorale s’inscrit uniquement dans des problèmes de court terme, tels le redémarrage électoraliste pour 6 mois de Pétroplus à Petit-Couronne, les émeutes contre la vie/l’énergie chère à l’ile de la Réunion, les prix à la pompe qui grimpent aussi en métropole…

Il n’y a pas de hauteur de vue sur l’énergie dans cette campagne électorale. A côté du débat pro/contre le nucléaire, nous sommes toujours dans le social et l’émotion de l’immédiat, sans regarder quelques années devant nous. L’approvisionnement en énergie fossile de la France est un thème stratégique à très fort enjeu économique/social dont on ne peut faire l’impasse plus longtemps.

L’élection présidentielle est l’occasion d’adresser des enjeux stratégiques pour les français à 5 ans. Ainsi, le pic pétrolier ne peut pas rester absent de l’agenda politique des candidats. Ne serait-ce qu’au nom du principe de précaution, il faut entendre les Cassandre qui nous alertent le pic pétrolier et ses conséquences. Les candidats doivent s’exprimer sur le sujet. Le pic pétrolier, c’est un risque probable de sortie de route du « business as usual » pour la société occidentale. Un risque qui va engendrer de l’inflation brutale et forte des prix de l’énergie, ainsi que des tensions géopolitiques croissantes…

Sarkozy qui roule pour l’atomcratie peut continuer d’aller draguer les ouvriers du nucléaire avec son rapport Besson énergie 2050 dans la besace. Les experts français soigneusement sélectionnés comme adeptes de la pensée magique le disent, la France doit continuer d’être la championne mondiale du nucléaire, c’est le meilleur choix pour le pouvoir d’achat des français… Le pic pétrolier semble un non sujet pour lui, il ne fait pas campagne sur un bilan ni sur un programme, mais sur l’émotion…

François Hollande gagnerait à écouter Olivier Rech, ancien expert de l’Agence internationale de l’énergie (AIE). On peut lire une interview de lui datant de décembre 2011 sur le blog oil man. Olivier Rech ne date pas précisément le pic pétrolier. Il connait les études, observe les tendances de la demande, la stagnation de la production, le manque de découverte de nouveaux champs pétroliers pour palier la baisse de production de ceux exploités. Pour lui, le déclin de la production mondiale de pétrole est pour bientôt. « Je m'attends à voir les premières tensions d'ici 2013-2015. Ensuite, d'après moi, ce sera un déclin de la production de l'ensemble des carburants liquides sur la période 2015 à 2020. Un déclin pas forcement rapide d'ailleurs, mais un déclin, ça semble clair. »

Olivier Rech n’est pas un expert isolé, il y a de plus en plus de personnes et d’institutions dans le monde qui se préoccupent du déclin de la production pétrolière qui va intervenir alors que la demande est croissante. Le peak oil est un macro-problème pour la communauté internationale, c’est le prochain choc systémique à venir. Alors que notre logiciel de développement est ultra-dépendant de cet or noir, l’impact sociétal sera majeur.

François Hollande ne peut passer à côté de ce sujet. Quand un risque sociétal majeur est probable, il est impératif d’annoncer comment l’on s’y prépare. Si les Cassandre ont finalement raison même en se trompant de quelques années, la vie des français en serait profondément bouleversée, comme celle de tous les occidentaux. Il semble urgent d’annoncer la création d’une task force française sur le pic pétrolier, pour étudier/évaluer ce macro-problème, ses conséquences, et proposer des solutions qui nous préparent à affronter une crise plus que probable. Une task force à faire plancher en lien avec celles qui existent déjà en Europe et dans le monde.

L'énergie dans la campagne présidentielle ne peut être cantonnée au nucléaire, elle doit s’élargir au pic pétrolier. Qu’attend le candidat François Hollande pour se saisir du sujet délaissé par Sarkozy ?

 

Par Héloïm Sinclair - Publié dans : Peak oil, début de la fin
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