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Pour prendre un peu de hauteur vis-à-vis de la politique française anti-Roms, qui s’est intensifiée devant  les caméras dans la torpeur de l’été 2010, prendre le pouls de la presse européenne. Une presse plus libre de parler de la France, pays des Lumières, car les rédactions ne sont pas soumises aux influences politiciennes et  parisiennes…

Petite revue de presse européenne, grâce à Eurotopics. Pas vu un seul article positif envers la politique anti-roms du gouvernement de Nicolas Sarkozy, partout, dans tous les papiers de la presse européenne que traduit Eurotopics, c’est opprobre, critique et condamnation de la France.

 

Le quotidien allemand de centre-gauche Süddeutsche Zeitung, met le doigt où cela fait mal pour la France, qui manigance dans le dos de la Commission Européenne avec à l’esprit une Union à géométrie très variable… Ainsi, on apprend que «  la France organise le 6 septembre une rencontre interministérielle sur l'immigration illégale. Y participeront l'Italie, la Grande-Bretagne, l'Allemagne, l'Espagne et la Grèce. Le rôle de cette assemblée exclusive est uniquement de relativiser la liberté d'installation des Roms au sein de l'UE. Les principaux pays d'origine des Roms - Roumanie, Bulgarie, Hongrie, Slovaquie - ne sont pas invités ». Pour le journal, Paris viole les droits fondamentaux, ce qui inquiète le journal allemand, pour qui « un continent qui a connu l'holocauste ne doit à aucun prix se laisser aller de nouveau à juger la valeur de ses citoyens et à les répartir en catégories, en individus désirables et indésirables, et au final en individus de valeur et dépourvus de valeur ».

 

En Autriche aussi, la rencontre du 6 septembre passe mal. Pour le quotidien Die Presse "ce n'est pas seulement un coup de poing symbolique porté contre les efforts de Bruxelles pour coordonner la politique d'immigration au niveau de l'UE - en outre de la part de l'un des membres les plus puissants de l'UE. Cela ouvre aussi la voie au moins vers une remise en question de l'un des principes fondamentaux principaux de l'UE : la liberté pour les citoyens de l'UE de pouvoir séjourner où ils le veulent au sein de l'Union. Malgré toutes les critiques que l'on peut adresser à l'égard de Bruxelles - même concernant l'échec de l'intégration des Roms - les tentatives de solution pour une politique d'immigration ne fonctionnent pas si l'on fait cavalier seul. Ce serait une bonne chose que d'autres Etats de l'UE, comme la présidence belge du Conseil, le rappellent aux Français. En ne participant pas au sommet de Paris, par exemple ».

 

En Italie, où la politique française anti-immigrés est en phase complète avec celle du gouvernement de Silvio Berlusconi en la matière, le journal libéral La Stampa n’est pas tendre, ni pour son ministre de l'Intérieur Roberto Maroni, ni pour Sarkozy. Cette émulation/compétition politique en Paris et Rome contre les roms, est à la fois dangereuse et illégale selon la Stampa. « Il serait erroné de voir ce qui se passe en France et ce que Maroni pense faire en Italie comme l'unique résultat d'une 'défense anachronique de sa propre identité', voire pire, de clichés dépassés à l'égard des tziganes. Il existe aussi et avant tout un problème de légalité. … La Commission européenne fait bien de condamner l'Italie et la France ». De son côté, le quotidien de centre-gauche La Repubblica estime que « Nicolas Sarkozy se sert de l'expulsion des Roms pour lancer sa campagne électorale pour les élections présidentielles de 2012 ».  

 

Pour conclure cette revue de presse, passer par la Belgique et la rédaction néerlandophone du quotidien De Standaard, avec un papier qui ne tire pas à boulet rouge sur Sarkozy, mais l’invite à ne pas se détourner des véritables problèmes. « N'y a-t-il donc aucun problème avec les Roms en France ? Si bien sûr. … Mais les critiques visent avant tout le manque de cohérence de la politique sécuritaire de Sarkozy, qui entend supprimer 3.500 postes dans la police ces prochaines années, l'absence de mesures structurelles qui permettraient de mieux intégrer les Roms dans le système urbain, et la stigmatisation collective d'un groupe ethnique, pour laquelle on ne craint pas d'avoir recours au populisme. … Peut-être que Sarkozy devrait écouter les conseils de Rudolf Sarközi, le porte-parole de la communauté rom en Autriche. 'Nous connaissions ici auparavant des conditions de vie aussi précaires qu'en France aujourd'hui', a-t-il déclaré. La situation s'est améliorée car les Roms ont obtenu des terrains 'où ils peuvent vivre dignement', et parce que l'on a investi dans l'éducation des jeunes ».

 

Cette revue de presse européenne, déconnectée d’intérêts politiciens partisans, nous offre une image de la France qui est bien peu glorieuse, loin s’en faut. Une France terne et laide où l’on pratique un populisme dangereux, pas seulement pour les valeurs françaises exportées depuis 1789, mais aussi pour l’Europe et les droits fondamentaux des européens. On commence par les Roms au Pays des Droits de l’Homme, et après, à qui le tour ? A une époque de crise économique, ce populisme est nocif, préjudiciable aux intérêts de tous... La presse européenne nous tend un miroir et l’image nous fait honte… Les républicains français de droite comme de gauche, doivent siffler la fin de la partie !!!

 

 

Tag(s) : #Politique

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