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C’est dimanche, je suis de bonne humeur et veux écrire un billet positif pour tromper la violence politique et sociale de l’actualité. Changer d’angle et de perspective, aborder la politique par la pratique économique et écologique qui émerge. Internet n’est pas qu’un territoire de pirates, loin s’en faut. C’est un formidable vecteur de développement pour de nouveaux concepts qui pourraient transformer des initiatives en révolution sociale à bas bruit. La ruche qui dit oui ! est une de ses initiatives qui génèrent du mieux vivre, elle est conçue pour favoriser le « locavore » pour consommation éco-citoyenne conviviale. En gestation depuis 2010, lancée officiellement sur le net il y a quelques mois, elle s’étend dans l’hexagone, de bouche à oreilles, de clics en méls, avec 249 ruches recensées au 5/02/12.

 

J’ai découvert La Ruche qui dit Oui !, son concept et son organisation, dans un article de Rue 89. C’est une start-up qui met en relation producteurs et consommateurs, pour des achats directs, groupés, sains et justes, en permettant la création de communautés de voisinage, portées par un même désir de consommer autrement. Les ruches locales émergent naturellement, de façon autonome et simple. Elles peuvent recevoir 10% du CA de leur ruche, pour encourager son organisation/animation/développement, revenu à fiscaliser le cas échéant. L’équipe de La Ruche qui dit Oui ! se charge de l’animation du site, du soutien aux communautés, de la formation des responsables de ruche locale, de la mise en place des moyens de paiement et de la gestion comptable des échanges. Elle s’assure également que les producteurs remplissent les conditions légales pour faire des offres aux ruches.

Nouvelle place de marché de produits locaux – à la fois nationale et hyper-décentralisée, La Ruche qui dit Oui ! veut nous faire manger mieux et juste, tout en dynamisant l’économie locale – agriculteurs/producteurs ont des marges décentes – avec des gains de pouvoir d’achat pour les membres de la ruche dus à la suppression des intermédiaires. Son offre simple et gratuite, c’est de permettre à des consommateurs de se constituer en « ruche »  ou de rejoindre une ruche existante, pour passer des commandes groupées à des producteurs locaux, qui livrent la ruche dès lors que la quantité minimale convenue a été atteinte. Alors le responsable de la ruche locale accueille les autres membres chez lui au jour et à l’heure fixés, afin qu’ils récupèrent leurs commandes. Ce responsable de ruche n’investit pas d’argent, n’est pas comptable des paiements entre consommateurs et producteurs, il doit juste investir quelques heures de convivialité par semaine, aux heures du marché de la ruche.

 

La ruche qui dit oui ! est une start up fondée en 2010 par Guilhem Chéron, passionné de cuisine, passé du design industriel dans l’alimentaire à l’entreprenariat éco-responsable avec cette aventure. L’entreprise La ruche qui dit oui ! ne semble pas revendiquer d’appartenir à la famille de l’économie sociale et solidaire, est elle est soutenue par Kima Ventures, le fonds de Xavier Niel et Jérémie Berrebi, Marc Simoncini, fondateur de Meetic, et Christophe Duhamel, fondateur de Marmiton. Sans doute son créateur et ses investisseurs veulent-ils en tirer profits à terme, ce qui n’est pas condamnable, d’autant que leur projet d’entreprise est de proposer du mieux vivre. L’évolution de la marge sur les échanges commerciaux issus des ruches sera l’indicateur à suivre pour évaluer la qualité « sociale et solidaire » qu’on pourrait prêter à cette entreprise. Restera-t-elle frugale (10% ?) pour que les producteurs puissent proposer leur production à un prix juste et que les consommateurs bénéficient de produits de qualité à un meilleur prix ?

 

Proposer de répondre aux nouvelles attentes des consommateurs, qui sont toujours plus nombreux à vouloir allier plaisir et responsabilité dans leur consommation, soutenir l’économie locale et permettre de développer des communautés actives et vivantes, sont des points forts de l’entreprise, pour son business plan et pour son caractère « sociale, solidaire ». Je relève qu’à une époque de crise économique, La Ruche qui dit Oui ! pourrait se révéler être un « bon plan pouvoir d’achat » pour beaucoup de français.

 

Ce type d’initiative, avec une organisation structurée/efficace qui libère/favorise les échanges locaux gagnants/gagnants, même avec un bon marketing et des relations presses favorables, ne va bien entendu pas bousculer le commerce traditionnel du jour au lendemain. Même avec 500 ou 1000 ruches qui diraient oui, la grande comme la petite distribution ont de beaux jours devant elles.

Cette initiative est un outil et un nouveau chemin de changement social, qui permet d’enrichir l’économie locale en substituant des intermédiaires, tout en tissant du lien social. C’est aussi un outil politique issu d’internet, qui passe par l’assiette et la convivialité, où les producteurs peuvent prendre une petite revanche sur les supermarchés, car la vente directe leur assure de meilleures marges que la vente aux centrales d'achat. Les consommateurs aussi peuvent prendre leur revanche avec une alimentation moins chère, allégée de marges. Au-delà de la revanche sur les supermarchés, cela peut-il impacter le commerce local et les marchés ? Cela va-t-il faire concurrence aux amap ou au contraire participer à démultiplier la demande pour de l’offre proche et directe des producteurs ? Va-t-on voir ce nouveau type d’organisation de l’offre et de la demande se développer ? Circuit court et relocalisation de la production, une solution pour dessiner une nouvelle société ? Cette initiative n’est-elle pas plus utile et efficace que bien des discours politiques en termes de création de valeurs économiques et sociales locales ? Va-t-elle réussir et perdurer ?

 

A suivre comment La ruche qui dit oui !  va se développer, entre autre sur leur blog. Et comme ça permet de mieux manger, je m’en vais en chercher une près de chez moi, bon appétit J.

Tag(s) : #heloim.sinclair

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