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Le Figaro, qui n’a pas rendu les armes pour défendre Nicolas Sarkozy, donne la parole à Brice Hortefeux, son lieutenant de campagne électorale encore officieuse. Pour BH, en meeting à Nîmes alors que Hollande et Juppé étaient sous les feux de la TV, la feuille de route des militants UMP est claire: «Il faut que nous revendiquions notre bilan parce que rien n'est jamais perdu d'avance (…). Ne baissez pas les bras. (…) Préparez-vous à un combat enthousiaste

Ce que je retiens de cet appel à l’enthousiasme des militants UMP, c’est l’intériorisation de la défaite par un des principaux dirigeants du clan Sarkozy. Ce « rien n’est jamais perdu d’avance » est un aveu en creux d’Hortefeux que Sarkozy sent de plus en plus mal l’issue de la campagne, et Brice veut un sursaut militant pour déjouer la défaite probable. A-t-il peur que les militants baissent les bras devant cette probabilité, et ne se mobilisent derrière le petit chef à talonnettes, tant le bilan est illisible ?

Le même Figaro fait un article dans son édition du 28 janvier, sur l’intervention télévisée de Nicolas Sarkozy du lendemain dimanche 29 de 20h15 à 21h15, en simultanée sur six chaînes de télévision (TF1, France 2, BFM, i-Télé, LCI, LCP/AN et Public Sénat). Si l’on en croit le journal, ce dispositif d’occupation massive de l’espace médiatique doit permettre à Sarkozy de faire un coup pour inverser la tendance sondagière qui le place en challenger (perdant). Aussi, selon le journal, NS va annoncer des mesures «fortes» et «impopulaires» (hausse de la TVA pour alléger les cotisations patronales, fin du temps de travail obligatoire...). L’article se termine par une confidence d’un proche du chef de l’Etat, qui croit savoir que NS « va faire du Schröder à la française, ce sera quelque chose de fort». Tout miser sur un grand soir, pour rebondir ou plonger vers la défaite, en prenant en exemple un socialiste allemand, c’est cocasse J

Est-on jamais trahi que par les siens ? Juppé a-t-il pris une revanche de chiraquien sur Sarkozy, jeudi dernier devant Hollande ? Celui qui est monté sur le Titanic gouvernemental fin 2010, n’a pas réussi à prendre l’ascendant sur son adversaire socialiste. Libération y voit un manque de combativité relevant quasiment de la «faute professionnelle». Le journal relève aussi une petite phrase de Juppé qui en dit long sur l’espérance de victoire qu’il porte pour son patron en mai 2012. Lâchant à Hollande «on verra ce que vous ferez»... sous-entendu, une fois à l'Elysée, il dit en creux que la partie est perdue. Loyal, il fait le service minimum pour peut-être jouer le coup d’après… En studio  Paris, Alain Juppé n’a pas dû entendre Hortefeux à Nîmes au même moment qui appelait au combat enthousiaste J.

 

Cette séquence défaitiste de la semaine, qui a commencé avec la sortie on du off du chef de l’Etat en Guyane, pour dire qu’il quitterait la politique en cas de défaite, n’est pas bonne pour le pas encore candidat officiel. Va-t-il rebondir dimanche avec un ultime show télévisé en tant que président, ou va-t-il sombrer dans les intentions de vote ?

Mon avis que son naufrage politique va continuer. Le capitaine de la France a trop abîmé le bateau/pays en 5 ans pour repartir avec un mandat de confiance sans cap pour les 5 prochaines années. Ce n’est pas une ultime parade à l’air grave, pour décider dans l’urgence de mesures structurelles qui va lui apporter un regain de crédit. Sarkozy n’accroche plus la lumière, après 5 ans de zigzag, le nouveau virage pourrait être une sortie de route…

 

Tag(s) : #Elections 2012

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