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Si les troupes de DSK sont « orphelines » depuis la mi mai 2011, elles ne semblent pas tenues par le pacte de Marrakech entre Dominique Strauss-Kahn et Martine Aubry. Ainsi, Pierre Moscovici avec une petite cinquantaine de co-signataires, qui étaient rangés derrière DSK, publient-ils une tribune dans le Monde daté du 12 juillet pour annoncer leur ralliement à Français Hollande.


C’est politiquement intéressant au niveau de la tectonique des plaques au PS, mais ce qui a attiré mon attention dans cette tribune, est la partie consacrée à l’énergie où il est fait mention de « préparer une alternative au tout-nucléaire ». Dans une langue de bois héritée d’une culture atom’cratique de 30 ans, Moscovici propose d’aller « au-delà de la priorité donnée aux énergies renouvelables » et d’intégrer le drame de Fukushima.

 

En résumé, malgré la priorité donnée aux énergies renouvelables, étouffées/corsetées/empêchées depuis 30 ans par l’atom’cratie, elles ont peu prospéré en France. Avec le courant « DKS’Hollandiste », nous allons préparer une alternative au tout nucléaire, pour donner la priorité aux énergies renouvelables (sic). Soit au moins atteindre l’objectif fixée par la directive européenne de 23% d’EnR en 2020. La fin du tout nucléaire donc passe par le respect des textes européens, quel courage/ambition politique !!! Faudra au moins un président rose trempé de vert, pour vaincre l’atom’cratie et faire respecter ce « modeste » engagement pour le pays…

 

 

Ce qui m’interpelle encore d’avantage que cette langue de bois, c’est la voie que propose Moscovici pour y arriver. « Cela implique de négocier avec nos partenaires européens la création d'un consortium européen, sur le modèle d'Airbus-EADS, pour produire à grande échelle sur le continent les éoliennes, panneaux solaires et autres sources d'énergie renouvelables qui pourront prendre à terme le relais du nucléaire ». Moscovici et les autres se font jacobins, avec un Etat stratège qui ferait émerger un champion européen des énergies renouvelables. Cela témoigne de l’absence totale de connaissance et de compréhension du secteur des énergies renouvelables, constitué de PMI et d’ETI. Nous ne sommes pas dans la bataille d’un Airbus contre Boeing, mais avec un tissu industriel européen constitué d’une myriade de PMI et d’ETI où quelques grands groupes prennent pieds.

 

Le modèle Airbus-EADS n’est pas applicable aux énergies renouvelables. Pourquoi favoriserait-on un consortium de grands groupes qui s’associeraient dans un groupement d’intérêt économique européen, au détriment de compétiteurs plus petits mais pas moins innovant, loin s’en faut. Cette vision jacobine est inadaptée.

 

L’intuition d’agir avec un levier européen pour développer les énergies renouvelables est la bonne, mais pas sur le modèle Airbus-EADS. Il faut utiliser le levier du financement, valoriser les plateformes technologiques, décupler le financement de la R&D et faire vivre le « Small Business Act ». Il faut surtout un marché européen des énergies renouvelables intégrés en matière de normes, avec des Etats membres qui ne jouent pas le protectionnisme intra-communautaire et s’engagent à respecter (voir dépasser) les objectifs assignés par la directive européenne.

 

La France a pris beaucoup de retard, elle a décroché de la trajectoire pour atteindre les objectifs 2020. Le chemin d’un « Airbus/EADS des énergies renouvelables » me semble une fausse bonne idée qui nous fera prendre d’avantage de retard encore. Donnons aux acteurs européens (et français, laminés par les go & stop français) du secteur EnR un cadre stable et des moyens financiers adaptés de façon optimale. C’est moins glorieux que de vouloir construire un « Airbus/EADS des énergies renouvelables » mais ce sera beaucoup plus efficace.

 

Tag(s) : #Elections 2012

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