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Je viens de lire la chronique d’Hervé Kempf dans Le Monde daté du 24 novembre. Il nous apprend que l’Agence International de l’Energie avoue en toute discrétion dans son dernier World Energy Outlook 2010 publié en novembre, que nous aurions franchi le peak oil en 2006.

 

Le pic pétrolier (peak oil), ce moment où la production commence à décroitre inexorablement, aurait été atteint en 2006 selon la très officielle et institutionnelle agence internationale de l’énergie. Ainsi, l’AIE prévoit d’ici 2020 que « la production de pétrole brut se stabilise plus ou moins à 68/69 Mb/j, mais ne retrouve jamais le niveau recors de 70 Mb/j atteint en 2006 ».

 

Comme le rapporte Kempf, c’est dit en termes feutrés mais c’est dit tout de même, le peak oil est derrière nous et nous entrons dans une ère nouvelle où le pétrole deviendra plus rare alors que la consommation n’est pas réellement maîtrisée.

 

Ce que dit l’AIE ne provoque guère d’échos dans les milieux économiques et politiques. Peut être parce qu’il manquait un décryptage évident de la phrase sibylline. Surement parce que pour faire face à ce déclin du brut, il est prévu par la même AIE, de compenser par le pétrole non conventionnel issu des sables bitumineux et par une augmentation de la production arabique.  

 

En tous cas, la discrétion de cet aveu entre les lignes, contraste avec les conséquences induites. Ok, nous ne manquerons point de fuel ou d’essence d’ici demain, mais l’inéluctable déclin est en marche. Il a déjà commencé au milieu de la première décennie du 21ème siècle, le pétrole est destiné à coûter cher et à manquer…S’en remettre aux sable bitumineux (énergétivores, très polluants et chers pour produire quelques litres d’or noirs) ainsi qu’à l’Arabie Saoudite, est sans nul doute une double folie, d’un point de vue environnemental et géostratégique. Surtout, c’est croire à de pseudo-solutions « courtermistes », alors que l’urgence est à la modération énergétique et aux énergies renouvelables.

 

« Le signal à faible fréquence » envoyé par l’AIE à l'automne 2010 doit être entendu avec une très grande attention car il est d’importance. Notre civilisation bâtie sur l’énergie abondante et bon marché est au seuil de s’effondrer, elle n’aura même pas durée un siècle. Pour ne pas subir le peak oil, il faut mettre les bouchées doubles, voir triples ou quintuples, pour généraliser l’efficacité énergétique et le recours aux énergies renouvelables. Le « signal prix » qui viendra d’ici quelques mois ou années, ne fait maintenant aucun doute. Il finira de convaincre l’homo-économicus…

 

 

Tag(s) : #Peak oil - début de la fin

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