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Recourir aux stocks stratégiques de pétrole, pour tenter de faire baisser les prix de l’essence à la pompe, c’est la nouvelle proposition de Nicolas Sarkozy président-candidat. Il est en phase avec les américains et les anglais sur le sujet, alors que les allemands n’y sont pas favorables et que l’AIE (agence internationale de l’énergie) est très réservée. Sans son feu vert, cela ne se fera pas. Il faut saluer la sagesse de l’AIE qui ne cède pas aux pulsions électoralistes.

Vouloir faire baisser les prix à la pompe est compréhensible en saison électorale (France, USA), toutefois, comme relevé dans le bon papier d’analyse de La Tribune « puiser des barils des réserves stratégiques des pays de l'OCDE pour les mettre sur le marché pourrait à court terme faire baisser les prix, cela ne serait qu'un répit puisque le problème de fond, augmenter la production (c'est-à-dire la transformation de l'huile sous terre en barils et produits raffinés) persistera. Pire en cas de réelle pénurie, due par exemple à une attaque militaire sur l'Iran, les pays de l'OCDE auront utilisé des barils précieux non pour compenser l'absence de pétrole physique mais pour créer une distorsion sans lendemain sur les marchés. »

Nous sommes entrés dans l’ère du pic pétrolier et notre personnel politique n’en parle pas. Les mesures proposées - puiser dans les stocks stratégiques pour NS, baisser la fiscalité sur l’essence compensée par la hausse des recettes de TVA pour FH - sont anecdotiques/homéopathiques, de court-terme et à côté de la plaque ! Alors qu’il faudrait une stratégie, un plan d’action et une pédagogie, pour faire face au pic pétrolier et au prix de l’énergie tendanciellement haussier, l’élection présidentielle 2012 est une occasion gravement manquée ! A force de n’aborder le débat énergétique que par le prisme pro/con-nucléaire, une question majeure est laissée en jachère intellectuelle et politique. Sans prise de conscience, sans plan d’action, la France et les français vont subir un choc pétrolier inévitable et de long terme… En 2012, pas de pétrole et pas d’idée, une régression politique !

Welcome in the post-pick oil era J. Le pétrole devient cher, de plus en plus cher et cela pour plusieurs raisons. L’offre n’arrive plus à suivre la demande qui est en augmentation, c’est la raison principale qui pousse à l’inflation. Le marché a dorénavant intégré cette entrée dans l’ère du pic pétrolier, alors qu’il y a par ailleurs une prime de risques géopolitiques (Lybie, Iran, Soudan, Yémen, Nigéria…). L’Arabie Saoudite n’est pas/plus en mesure de compenser par plus d’offre la défection d’un ou plusieurs producteurs « risqués », tandis que son intervention pour mettre plus de brut sur le marché est limitée. Ce pays banquier de l’or n’arrive plus à peser à la baisse de façon significative sur le marché, qui est par ailleurs devenu un terrain de jeux des spéculateurs qui misent de plus en plus gros sur les contrats à terme. Nous sommes entrés dans un cycle où ces phénomènes se conjuguent et cela ne sera pas sans conséquence sur l’économie pétro-dépendante…

Est-ce suffisamment important comme sujet, pour que le pic pétrolier soit intégré au meilleur niveau de l’agenda politique de Hollande et Sarkozy ?

 

Tag(s) : #Peak oil - début de la fin

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